IT : ​2017, l’année de toutes les incertitudes





Dans l’univers des technologies, les prévisionnistes qui ne se mouillent pas trop vont nous ressasser les habituelles rengaines sur la mobilité, le cloud, le big data, la relation client, l’intelligence artificielle, les chatbots, les objets connectés et la réalité virtuelle. Vous en trouverez de nombreux exemples plutôt rébarbatifs chez TechTarget, Business Insider, SiliconRepublic, au Forrester, chez IDC, Forbes, avec John Dvorak, et ChiefMarketer. Les plus hardis évoquent les évolutions du pouvoir entre directions informatiques, digitales (CDO) et marketing!

On retrouve dans le domaine de l’intelligence artificielle des prévisions macro-économiques aussi farfelues que celles que l’on a connues sur les objets connectés et que j’évoquais en aout 2015. Ainsi, Fox Business met en avant une prévision de Bank of America Merril Lynch selon laquelle l’impact économique de l’intelligence artificielle sera compris entre 14T de dollars et 33T de dollars d’ici 2025 (T = trillion = mille milliards). Un impact sous forme de réduction des couts et de croissance. Enorme n’est-ce pas? Sauf que 33T de dollars, c’est 45% du PIB mondial en 2016 qui était de 73T de dollars! Et que 14T de dollars, c’est déjà 19% de ce même PIB. Sachant que la banque mondiale prévoit une croissance de 2,8% et de 3% de ce même PIB en 2017 et 2018.

Dans le même temps, une étude anglaise de 2013, très souvent réutilisée par les analystes et aussi les politiques, prévoyait qu’en 2025, la moitié des emplois disparaîtraient et seraient remplacés par des robots ou des solutions logicielles d’intelligence artificielle tandis que Forrester évalue ce pourcentage à 7% à la même échéance. Tout cela pour dire que l’on n’en sait rien, tellement nombreux sont les paramètres technologiques, économiques, sociétaux et politiques de ces disparitions d’emplois et de leur recréation schumpétérienne.

Il y a aussi Nvidia qui prédit qu’en 2017, un chatbot passera le test de Turing, consistant à ne pas faire la différence entre un robot et un humain. Sachant que Ray Kurzweil prévoit cela pour 2029! Mais un autre test de Turing vient déjà d’être largement passé, que j’appelle le test de Turing inversé : des échanges avec de vraies personnes qui arrivent à faire croire qu’elles sont en fait des robots. Essayez par exemple de dialoguer par mail avec un support technique d’opérateur télécom ou de constructeur de micro-ordinateurs!

En tout cas, de nombreux chercheurs et de nombreuses startups feront des choses extraordinaires grâce à l’IA, et en particulier dans le domaine de la santé. Allez voir par exemple chez les français Cardiologs ou DreamQuark.

J’apprécie la justesse des prévisions de Fred Cavazza qui, cette année, prédit ce qui me démange également: «Nous approchons dangereusement du seuil de saturation. Ce seuil est particulièrement palpable dans les secteurs des médias, de la publicité et du marketing. Certes, il y a du bon et du moins bon (surtout de l’inévitable en fait), mais j’ai acquis la conviction que sortir de nouvelles innovations ne va pas améliorer, mais faire empirer les choses : plus de nouvelles technologies = plus de sophistication = moins de compréhension = moins d’adoption». Et de rappeler que les prédiction sur l’IA oublient souvent un point clé : ce que l’on fait des hommes dans l’histoire! A force de répéter à l’envie que les entreprises doivent se moderniser par le numérique, on peut avoir tendance à en oublier la dimension humaine. Autant pour l’impact du numérique pour ses équipes que pour son image et sa relation client. Où commence et où s’arrête la tolérance des clients pour discuter avec des machines plutôt qu’avec de vrais gens?

Mais les prévisions ne valent pas tripette quand il s’agit d’envisager ce que Donald Trump pourrait faire à la Maison Blanche même si on en a déjà un avant-gout depuis son élection, notamment avec la constitution de son cabinet. Certes, il continuera d’envoyer des tweets pour dénoncer ceux qui ne sont pas d’accord avec lui voire irriter diverses contrées comme ce petit pays mineur d’Asie qu’est la Chine. Il appliquera les stratégies de rupture professées par son conseiller stratégique Steve Bannon. Une bonne moitié des USA n’est pas du tout rassurée en tout cas! Et nous donc!

Pour couronner le tout, un certain Alain Rodier prévoit sur Atlantico une révolution islamiste globale! Un rabbin allemand du XIIIe siècle trouvait déjà que les années en 7 étaient des périodes de rupture et que 2017 serait celle de la fin du monde et de l’arrivée de l’antéchrist. Bon, pourquoi pas, ni plus ni moins que 2012! Un ancien commandant de l’OTAN, anglais, prévoyait même il y a quelques mois une guerre nucléaire entre l’occident et la Russie en 2017. Russie qui fêtera, ou pas, le siècle de sa révolution d’Octobre!

Dans les prévisions plus osées, nous avons celle de la première transplantation de tête humaine et le lancement de startups dans le domaine de la fusion nucléaire chez RedBull. Mais on ne sait pas si la fusion nucléaire en question est froide ou chaude, car pour la froide, il y a déjà du monde depuis quelques années, sans que les résultats soient pour l’instant très probants. Pour la fusion chaude, la source est un article de la Singularity University qui fait surtout un point des avancées dans le domaine des grands instruments scientifiques d’Etat qui ont nécessité des milliards d’$/€ d’investissements sur le très long terme comme l’ITER de Cadarache. On est loin des start-up!

Source : http://www.frenchweb.fr/




        

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