Manœuvre à la française


Des “fuites” ont eu lieu participant d’une volonté de porter atteinte à la coopération privilégiée entre les deux pays et plus spécifiquement à celle, étroite et efficace, entre leurs services de sécurité.



Mais qu’est-ce que c’est encore que ces manœuvres voulant porter atteinte aux relations entre Paris et Rabat? Ce quotidien français, Libération, qui fait sa couverture, lundi 4 septembre 2017, avec ce titre: “Comment le Maroc a espionné la France” pose problème. Quatre pages sont consacrées par ailleurs à ce “dossier”. Quelles informations donnent-elles? Quelles sources ont fourgué ce lot? Et pour quelles visées?

De quoi nous parle-t-on?

D’un policier français, un capitaine à la tête d’une “unité d’information” de la police aux frontières (PAF) d’Orly qui aurait été manipulé par des agents marocains. Dans des conditions particulières, une enquête a été ouverte depuis près d’un an sur la base d’un renseignant “anonyme”… Une formulation que l’on connaît dans le jargon policier et judiciaire quand on veut mettre un rideau de fumée pour tenter de cacher l’initiateur réel d’une telle procédure. Passons!

Maintenant ceci: qu’y a-t-il dans le dossier? Une juge d’instruction s’est vu confier cette affaire. Elle a entrepris son travail sur la base d’éléments divers (écoutes téléphoniques, perquisition, examen du compte bancaire du policier incriminé, auditions…). Avons-nous à y redire? Charbonnier est maître chez soi, comme dit cet adage populaire français: le Maroc est sourcilleux quant à l’exercice d’une fonction régalienne comme la Justice chez lui et chez les autres. Mais il ne saurait être indifférent pour autant à une certaine instrumentalisation qui s’opère aujourd’hui dans le traitement de ce dossier.

Des “fuites” ont eu lieu portant atteinte aux exigences du secret de l’instruction prescrites par l’article II du code de procédure pénale français.

Elles participent d’une volonté de nuire, de porter atteinte à la coopération privilégiée entre les deux pays et plus spécifiquement à celle, étroite et efficace, entre leurs services de sécurité. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, ces “bonnes âmes” qui nous veulent du bien étant déjà distinguées par certains actes qui ont conduit à une brouille tout au long de l’année 2014. Celles-ci vont plus loin cette fois-ci. Ainsi, elles mettent en cause l’efficacité de l’appareil sécuritaire marocain, dont les capacités opératoires seraient moins évidentes qu’il n’y paraît. Ce qui voudrait dire, dans cette même ligne, qu’il ne faudrait pas surdimensionner son rôle dans la lutte antiterroriste menée par Paris.

Une manière d’inviter les autorités françaises à recadrer le rôle du Royaume face à ce grand défi posé d’ailleurs à l’ensemble de la communauté internationale. Plus encore, l’exploitation actuelle dépasse le seul cadre bilatéral et déborde en faisant état de documents saisis relatifs à l’Algérie –un ancien haut responsable et deux notes de l’ambassade de ce pays. Que peut bien dire, doit-on relever au passage, un policier de la PAF d’Orly, sur les activités de ce voisin de l’Est?

N’est-ce pas, de nouveau, une manœuvre complémentaire pour compliquer un dossier et lui donner un prolongement régional?

Que la justice française fasse son travaille! Que les bretelles de certains officiants, policiers et autres, soient tirées!

Que les intérêts bien compris d’une coopération soient davantage appréhendés parce que Paris et Rabat sont dans le même camp de la lutte antiterroriste ainsi que dans celui des valeurs! Pour notre part, nous sommes –et resterons– “droits dans nos bottes” et ferons face à toutes les manœuvres et menées, médiatiques ou autres, avec détermination et responsabilité.
 


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