Sur Trump : Ou Le plaisir de dire « Mer*** ! »



Par Jean-Marc Dupuis



Sur Trump : Ou Le plaisir de dire « Mer*** ! »
Sur Trump : Ou Le plaisir de dire « Mer*** ! »

Pendant dix-huit mois, médias, artistes, sportifs, milliardaires, hommes politiques de toute tendance, et chefs religieux de toute confession, ont expliqué qu’il ne fallait pas voter Trump. 

Si Trump était élu, les USA sombreraient dans le racisme, le sexisme. Le traité sur le climat serait abrogé, les accords de libre-échange seraient annulés, les Etats-Unis allaient s’aligner sur les régimes autoritaires (Russie, Syrie). Et personne, pensait-on, ne voulait de ça. 

Face à lui se présentait la plus idéale des candidates. Une femme, courageuse, intelligente, élégante, ayant assumé les plus hautes fonctions diplomatiques (le Secrétariat d’Etat aux USA, ce qui correspond à notre ministère des affaires étrangères). Un parcours qui, sur le papier en tous cas, semblait mener tout droit au bureau ovale de la Maison Blanche. 

Hillary Clinton avait en plus montré, dans sa vie personnelle avec son chaud lapin de mari, une incroyable capacité à accepter, surmonter, pardonner. 

Sa victoire était certaine. 

La suite, vous la connaissez : Donald Trump a gagné une majorité des voix dans la plupart des états américains. 

Le plaisir de dire « Mer*** ! »

J’ai écouté des discours de Trump pendant la campagne électorale. Mais cela ne m’a pas permis de comprendre ce qu’il promettait précisément. 

Il répétait en boucle qu’il allait « gagner », rendre sa « grandeur à l’Amérique », créer des millions d’emplois, bloquer les délocalisations, stopper l’immigration clandestine, mais sans décrire de moyens crédibles d’y parvenir, autre que des recettes maintes fois essayées et ayant toujours échoué. 

J’ai fini par en conclure que : 

De nombreuses personnes ont juste eu envie de dire un bruyant « Dégage ! » à la candidate parfaite qui s’apprêtait à retourner à la Maison-Blanche comme on remet les pieds dans ses vieux chaussons, et qui garantissait que tout allait continuer comme avant ; 

les électeurs de Trump, au fond, avaient surtout envie de dire « Mer*** ! » à tous les journalistes, hommes politiques et autorités qui avaient voulu leur expliquer ce qu’ils devaient penser et voter. 

L’erreur des journalistes

Les journalistes n’avaient pas anticipé ça. 

Ils pensaient que la majorité de la population continuait à les écouter, à suivre leur avis ! 

En réalité, ils avaient monté contre eux, et contre leur candidate Hillary Clinton, des millions d’électeurs, en les insultant plus ou moins directement, en laissant entendre qu’ils les considéraient comme « racistes », « sexistes », « bigots », « réactionnaires » et « déplorables » parce que Républicains (le camp de Trump). 

Et ils ont continué à s’enfoncer après l’élection. 

Alors que des protestations éclataient un peu partout contre l’élection de Donald Trump, les médias ont négligé de rappeler que : 

Ils avaient violemment attaqué Trump lorsqu’il avait dit qu’il contesterait peut-être le résultat des élections ; 

un grand nombre d’électeurs du parti démocrate (le parti d’Hillary Clinton) refusait le résultat des élections, parfois de façon violente. 

Ce parti pris ne pouvait que discréditer encore plus les médias. Convaincre l’opinion publique américaine que, décidément, ils n’étaient pas là pour informer mais pour défendre et promouvoir un camp. 

Ce fut le moment le plus mal choisi pour lancer une nouvelle campagne : 

Dix jours après l’élection, les grands médias américains lancèrent une nouvelle idée : Hillary Clinton avait perdu parce que de « fausses informations » (appelées « hoax » ou « fake news » en anglais) avait été répandues sur elle par les réseaux sociaux. 

Les « sites de fausses informations ». Le coupable avait été trouvé. [1] 

Ces sites de « fausses informations » devaient être punis. D’une façon ou d’une autre. Il fallait les bloquer, les censurer, faire intervenir Google, Facebook et Twitter pour les arrêter. 

Moyennant quoi, les grands médias ont encore renforcé l’idée dans le public qu’ils cherchaient à censurer les informations qui ne les arrangeaient pas. 

Aux yeux d’un nombre croissant de personnes, les radios, télés et journaux d’informations officiels (New York Times, Washington Post, CNN) devenaient eux-mêmes les plus grands fabricants de fausses informations. 

Que va-t-il se passer maintenant

La meilleure analyse (de loin) que j’aie lue au lendemain de la victoire de Trump est celle de Gil Mihaely, historien et directeur de la publication de Causeur. [2] 

Dans un article intitulé « Trump, déjà président normal », il explique que Trump a gagné les élections en faisant croire aux électeurs qu’il allait « tout faire péter » s’il était élu. 

Mais aussitôt l’élection gagnée, il a fait le contraire. 

S’il avait vraiment été contre le système, il aurait aussitôt annoncé qu’il allait, comme promis, déclencher des poursuites judiciaires contre Hillary Clinton, annuler les grandes réformes d’Obama, fermer les frontières, retirer les troupes de Syrie et d’Irak, etc. 

En réalité, il a rendu un hommage appuyé à Hillary Clinton, à tout l’establishment et il n’a plus dit un mot des promesses explosives qu’il avait répétées pendant sa campagne. Il a au contraire donné toutes les garanties qu’il n’allait rien changer : 

« Trump a non seulement rendu hommage à Hillary Clinton, la femme qu’il proposait, pas plus tard qu’avant-hier, de mettre en prison, mais il a enchaîné les banalités et les politesses, gommant en quinze minutes presque dix-huit mois de discours et de prises des positions en tous genres... 

« Il a donc montré que, désormais, ce qu’il y avait de fou et d’original chez lui, autrement dit ce qui a fait rêver presque 60 millions d’Américains, n’est plus d’actualité. 

« Bref, le premier message du président élu est le suivant : « La seule chose qui compte est la victoire. J’ai donc tout fait pour gagner, y compris vous faire croire ce que vous aviez envie de croire. Mais maintenant soyons adultes et sérieux, rentrez chez vous car j’ai le monde à gérer. »  

Cette analyse me paraît crédible. 

De fait, les marchés financiers sont repassés au vert dans les heures qui ont suivi sa victoire (après avoir fortement plongé) et la hausse tranquille s’est poursuivie le lendemain, signe que tout allait continuer comme avant. 

Ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle. Car les foules exaspérées qui ont voté Trump vont désormais se chercher un autre « champion ». Quelqu’un qui soit vraiment prêt à « tout faire péter ». 

La solution ? Elle me paraît évidente – mais pas facile à mettre en œuvre ! 

La difficile solution

Les grands médias doivent comprendre qu’ils ne sont plus les propriétaires exclusifs de l’information. 

Ils n’ont plus la possibilité technique de maintenir le silence sur les rumeurs et les informations qu’ils jugent « inaudibles », « indignes d’une démocratie », « contraires au pacte républicain », « dangereuses pour la cohésion sociale », etc. 

Ils ne peuvent plus se permettre de choisir les personnes qui ont le droit de s’exprimer, ni d’interdire que certaines questions soient posées et débattues. 

S’ils le font, le public fuit vers Internet, et se délecte d’autant plus que l’information a été censurée, que l’orateur a été privé d’antenne. Cela fait de lui un résistant, un héros ! 

On peut voir ça comme un problème. 

Mais c’est peut-être aussi une chance pour la démocratie. 

Une vraie démocratie où toutes les questions ont le droit d’être posées. Tous les problèmes peuvent être débattus. 

Pouvoir parler librement dans les médias (et pas seulement dans son salon) de tous les sujets qui dérangent est, à mon avis, la seule manière de réfléchir sainement et tous ensemble, aux défis que nous devons affronter collectivement. 

Je vous laisse établir la liste de ces sujets dont on n’a pas le droit de parler en France sans se faire « assassiner ». 

Je gage qu’elle sera longue ! 

Une idée pour démarrer : vous souvenez-vous d’une certaine ministre de la Santé qui, répondant à un million de personnes qui se demandaient pourquoi seul un « super-vaccin » contenant des vaccins non-obligatoires était disponible en pharmacie, à la place du bon vieux DT-P, répondit :  « La vaccination, ça ne se discute pas » [3] ?



Jean-Marc Dupuis 

Source (www.santenatureinnovation.com        ) et de mentionner en bas de chacun de nos messages : 
 
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