Abdelilah Benkirane, ce grand muet !




Abdelilah Benkirane, ce grand muet !
Il est inhabituel, ici et ailleurs, qu’un ancien haut responsable s’exprime publiquement après avoir quitté ses fonctions. Un haut dignitaire, une fois défroqué, volontairement ou non, se met en réserve, et observe, mais en aucun cas ne s’énerve... ne serait-ce que par égard pour celui qui lui a succédé, et a fortiori s’il est du même bord que lui… Mais en aucun cas, il n’insulte !

Et que voit-on ? Un Abdelilah Benkirane en éternel déchaîné, enchaînant les vidéos, lippe offensive et invective en bandoulière. Ces dernières semaines, l’homme a produit beaucoup beaucoup de vidéos sur lui-même, surfant sur son réseau de la Méduse. Qu’on en juge : le 10 février sur Rachid Niny, Ahmed Aassid et lui-même… le 18 février sur les langues et lui-même… le 20 février sur le français et lui-même… le 27 février sur les cigarettes, Fouad Laroui et lui-même… le 3 mars, sur le gouvernement, les journalistes, Aziz Akhannouch et lui-même… le 5 mars, sur un mort et lui-même… le 8 mars (audio), sur Driss Guerraoui, Amina Bouayach et lui-même… sans compter le 2 février et les deux heures et demi de monologue sur lui-même… M. Benkirane est en grave danger d’overdose de lui-même… à l’indifférence croissante de l’opinion publique, partie vers de nouvelles et trépidantes aventures.

Il peut toutefois arriver qu’un politique veuille rester et résister à son inexorable érosion. Dans ce cas, il milite, il candidate, comme Sarkozy en son temps et Bernie Sanders en son pays. Dans les règles… Ou comme Abderrahmane el Youssoufi dans son discours unique (et hautement politique) à Bruxelles… Mais exciper de la liberté d’expression pour dégager son énervement, pour atténuer son amertume et surtout pour effrayer tout être osant le critiquer est aussi vain que nous faire des colères à la Joe Dalton dans des vidéos servies par un laborieux (ti)tising.

MM. Aassid, Niny, Guerraoui et Mme Bouayach ont-ils critiqué M. Benkirane ? Oui. Se pourrait-il qu’ils se soient fourvoyés ou, pour les deux derniers, qu’ils aient outrepassé leurs fonctions ? Sans doute… M. Benkirane devait-il répondre ? Peut-être, car c’est son droit… mais il y a d’autres manières de se défendre que d’insulter urbi et orbi. Or, les psychoses, c’est bien connu, sont difficilement maîtrisables. Elles permettent tout, sauf de se… taire.

Dans un précédent billet, nous avions défendu le droit de M. Benkirane à bénéficier d’une retraite confortable car il fut très haut dignitaire de ce pays. Mais c’est parce qu’il fut très haut dignitaire que, précisément, il devrait avoir plus de respect pour ses fonctions passées… et pour lui-même !... sachant que comme pour le dentifrice sorti de son tube, il est difficile pour un politique de revenir dans sa bulle, une fois qu’il l’a quittée.

Aziz Boucetta



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