Azure : Microsoft devra-t-il choisir entre les économies européenne et US ?




Affichant des problèmes de capacités en Europe, comment Azure va-t-il gérer la demande dans les jours qui viennent ? L'explosion du télétravail aux Etats-Unis pourrait-il le contraindre à favoriser l'économie américaine ?

[Mis à jour le 25 mars 2020 à 23h45] De nombreux utilisateurs d'Azure ont rapporté au cours de la journée du 25 mars ne plus pouvoir activer de nouvelles machines virtuelles sur plusieurs régions du cloud américain en Europe. La console Azure leur indiquant systématiquement "ne pas avoir la capacité suffisante pour la taille de machine virtuelle demandée". Sont évoquées principalement les régions Azure France, Angleterre, Irlande et Amsterdam. Il semble que ces incidents se soient résorbés dans la nuit du 25 au 26 mars. Pour répondre aux besoins en ressources cloud tout en prenant en compte le contexte actuel de pandémie, l'équipe Azure avait indiqué le 21 mars vouloir donner une priorité absolue aux services de secours, de santé et de gestion d'urgence, aux infrastructures gouvernementales essentielles, ainsi qu'aux applications de travail collaboratives indispensables au confinement (lire le post).  Reste une question que se posent de nombreux professionnels avec qui le JDN a échangé suite à ces difficultés d'Azure à livrer de nouvelles ressources : la montée en puissance de l'épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis avec, dans son sillage, une explosion de l'utilisation des applications cloud d'Office adaptées au télétravail (comme Teams), pourrait-elle conduire Microsoft à accorder, dans un futur proche, la priorité à l'économie américaine, au détriment de l'Europe ? 

Down Detector, service spécialisé dans le monitoring d'incidents des infrastructures cloud et d'hébergement, a détecté une hausse des problèmes sur le cloud Azure au cours de la journée du 25 mars (voir le graphique ci-dessous). Dans le même temps, la page de statut d'Azure affichait des indicateurs demeurant au vert.  Ce qui n'est pas forcément anormal. Les services Azure n'ont en effet pas cessé de fonctionner. C'est le provisioning de nouvelles machines virtuelles qui a été impacté.

Les rapports de pannes Azure enregistrés par Down Detector le 25 mars seraient principalement dus à des problèmes de capacité. © Down Detector

La carte ci-dessous, toujours issue de Down Detector, montre que les problèmes détectés par le service de monitoring le 25 mars sur Azure concernaient principalement les régions européennes du cloud américain.

© Carte du service de monitoring Down Detector sur les problèmes détectés sur le cloud Azure le 25 mars.

Amazon Web Services (AWS), Google Cloud ou encore OVHCloud ont déjà tous largement détaillé leur plan de continuité d'activité pour faire face à la crise du Covid-19. C'est au tour de Microsoft de préciser les mesures prises pour maintenir les opérations de ses activités de cloud. Une communication que certains pourraient juger tardive. D'autant plus que l'une des briques phares d'Office 365 était touchée par une panne le 16 mars dernier. Confronté à un afflux massif de nouveaux utilisateurs en quête d'outils de télétravail, Microsoft Teams essuyait ce jour-là de nombreux dysfonctionnements relayés sur Twitter : problèmes d'envoi de message, de création de nouvelles équipes, de partage d'écran… La panne, qui a duré plusieurs heures, a été réparée dans le nuit du 16 ou 17 mars.

Un post publié le 21 mars

Face à cette crise, "nous monitorons activement la performance et les tendances d'utilisation (de nos services cloud, ndlr)  24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour nous assurer de les optimiser pour nos clients partout dans le monde tout en répondant à de nouvelles demandes", assure l'équipe du cloud Azure sur son blog officiel, dans un post daté du 21 mars. Avant d'ajouter : "Nous travaillons en étroite collaboration avec les organismes de premier secours et les agences gouvernementales essentielles pour nous assurer de prioriser leurs besoins (en termes de ressources informatiques, ndlr) et de leur fournir un support complet." Rappelons que l'offre cloud de Microsoft recouvre le IaaS Azure, mais aussi Office 365 et le progiciel Dynamics 365 qui tous deux s'adossent au premier.

"La priorité absolue sera accordée aux services de secours, de santé et de gestion d'urgence et aux infrastructures gouvernementales essentielles"

Qu'en est-il des régions du cloud de Microsoft basées en France ? "Nous travaillons en partenariat avec les gouvernements locaux pour faire en sorte que nos centres de données répartis à travers le monde soient pourvus en personnel et pleinement fonctionnels", ajoute l'équipe Azure. Un plan de continuité d'activité qui vaut évidemment pour les deux infrastructures françaises d'Azure, déployées en Ile-de-France et à proximité de Marseille. Et l'équipe Azure de préciser : "En cas de contraintes de capacité IT sur telle ou telle région, nous avons établi des critères clairs pour prioriser les nouvelles ressources informatiques au regard du besoin. La priorité absolue sera accordée aux services de secours, de santé et de gestion d'urgence et aux infrastructures gouvernementales essentielles."

Nous avons contacté Microsoft France dès le 17 mars pour connaitre plus précisément les mesures prises en vue d'assurer la continuité d'activité des régions Azure basées dans l'Hexagone. La filiale ne nous a toujours pas répondu à l'heure de la publication de cet article.

Vers une remise en cause des offres gratuites ?

Microsoft précise également accorder une priorité aux télétravailleurs. Objectif : faire en sorte qu'ils "restent opérationnels via les fonctionnalités principales de Teams". Une manière pour Redmond de faire amende honorable suite à la panne du 16 mars.

"Des organisations de toutes tailles issues de tous les secteurs sont en train d'adopter Teams et Microsoft 365 (qui combine Windows et Office 365, ndlr) pour permettre à leurs employés de travailler à distance […]", indique Satya Nadella dans un mail envoyé le 21 mars aux salariés du groupe. Dans son message, le CEO de Microsoft évoque notamment le cas du cabinet de conseils Accenture qui "totalise actuellement 2,5 millions d'heures de réunions dans Teams chaque semaine".

Reste une ombre au tableau : Microsoft indique qu'il s'accordera la possibilité d'ajuster ses offres gratuites si besoin pour assurer le support de ses clients existants. Traduction : le groupe n'entend pas se faire déborder par un trop grand nombre de nouveaux utilisateurs attirés par la version gratuite de Teams. L'objectif du groupe est bien d'anticiper le risque d'une nouvelle dégradation de sa messagerie collaborative qui proviendrait d'un trafic trop important.



Source : https://www.journaldunet.com/web-tech/cloud/149001...




        

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