Editorial : Le père, le fils et le grand frère bienveillants


Chronique de 20 ans de Règne



Le 30 juillet 1999, en même temps qu’ils disaient adieu à un grand Roi dont le règne long de 38 ans a été marqué par la mise en place des fondements politiques et institutionnels du Maroc moderne, les marocains faisaient allégeance à un Roi jeune, porteur de grands espoirs, de renouveau et de modernisme. Aussitôt intronisé, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, se met à la manœuvre pour engager des réformes courageuses et lancer des grands chantiers structurants. Droits des femmes, droits de l’homme, solde de tout comptes des années de plomb, nouveau concept de l’autorité, développement humain, développement des infrastructures, réorganisation du champ politique et religieux, réformes des secteurs de l’économie, de l’agriculture et de l’industrie… sont entre autres chantiers initiés à bras le cœur durant les premières années du règne du jeune Roi du Maroc.

Rapidement, la bienveillance naturelle de Mohammed VI et son aura de Roi proche de son peuple qu’il n’a eu de cesse de cultiver et de promouvoir tout au long de son règne, lui confère dans l’imaginaire collectif, le statut de grand frère pour la jeune génération de l’époque et celui de fils attentionné parmi l’ancienne génération. Immanquablement, les attentes et les espoirs vont crescendo. Ceci alors même que dans son premier discours prononcé à l’occasion de la commémoration de la Révolution du Roi et du Peuple durant le mois d’août 1999, le jeune monarque avait clairement prévenu qu’il ne disposait pas «d’une baguette magique pour résoudre tous les problèmes», mais qu’il allait affronter ces difficultés avec «le labeur, le sérieux et la conscience nécessaires».

Aujourd’hui, au bout de vingt années de règne, l’image du père aussi fort que bienveillant, s’est substituée à celle du grand frère et du fils attentionné des premières années de règne. Le Maroc a franchi un long chemin en matière de réformes et de modernisation de ses divers secteurs porteurs, mais un chemin non moins long reste à faire sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Résolu à maintenir le cap, le souverain marocain en bon stratège qu’il est, dispose d’une feuille de route porteuse de grands espoirs pour son pays et son peuple. Il n’est ainsi pas un mois, pas une année, sans que le Roi n’initie un nouveau projet, ouvre un nouveau front ou se fixe un nouveau challenge. La marche des premières années de règne continue donc aussi rapidement que sûrement. Mieux encore, elle s’élargit et se raffermit année après année.

Sur le front du développement humain, cher au «Roi des pauvres», la phase III de l’Initiative Nationale de Développement Humain lancée il y a quelques mois signifie qu’il n’y aura pas de répit tant que de larges franges de la société marocaine continueront à vivre sous le seuil de la pauvreté. Au niveau des infrastructures et de l’économie, l’inauguration récente du gigantesque complexe portuaire Tanger Med II, rappelle les ambitions économiques du Royaume en tant que Nation maritime aussi ambitieuse que conquérante. Sur le volet des relations internationales, les percées réalisées par la diplomatie marocaine à l’échelle du continent africain, et celles plus récentes au niveau de l’Amérique latine, installent l’image d’un Maroc fort et résolu à défendre sa cause nationale et son intégrité territoriale.    

En somme et comme l’a clairement signifié le souverain marocain lui-même qui a demandé à ce qu’aucune célébration particulière ou hors normes ne soit entreprise cette année, le règne de sa Majesté le Roi Mohammed VI est une continuité ininterrompue d’actions qu’on ne pourrait résumer à un chiffre aussi symbolique soit-il que ses 20 années de règne. Mais c’est connu, nous autres journalistes adorons les dates symboliques, particulièrement lorsque ces dates coïncident avec des chiffres ronds. L’anniversaire des 20 ans de règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI célébré aujourd’hui, fait justement partie de cette catégorie d’occasions historiques prisées que nous aimons commenter et analyser.

Bien entendu, à L’Opinion, nous n’avons pas attendu les 20 ans de règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour consacrer un numéro spécial à l’occasion de son accession au trône de ses glorieux ancêtres. Ce travail constitue en effet et depuis toujours un exercice obligé à chaque fête du trône. Des pages entières sont ainsi consacrées chaque année par notre journal au rappel des nombreuses et importantes réalisations du Roi du Maroc. Mais cette année, afin de marquer le coup et compte tenu de la charge symbolique du chiffre 20 qui se rapproche de la durée d’une génération, celle notamment qui a ouvert les yeux sous le règne de l’héritier du défunt Roi Hassan II, il a été décidé de changer de format pour donner la parole à des personnalités nationales et internationales marquantes du règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Acteurs directs ou témoins privilégiés des thématiques emblématiques de ces vingt dernières années, ces personnalités ont aimablement saisis leurs plumes et exprimé spontanément leurs impressions noir sur blanc, concernant l’une ou l’autre de ces thématiques où ils ont été impliqués directement ou indirectement, au cours des 20 années de règne de l’actuel Roi du Maroc. Nous les en remercions et vous souhaitons une excellente lecture.

Majdouline EL ATOUABI


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