Esquisses de chroniques culturelles


Par Ismaïl Mikou Essayiste



Je vous présente mon père.

Non, en fait, ce n'est pas ce que vous croyez. Ce n'est pas vraiment mon père. Disons que c'est plutôt mon père au sens philosophique du terme. Cet homme est présent dans ma vie depuis de nombreuses années maintenant et m'a appris énormément de choses. Il m'a d'abord appris à... écrire. 

Tout a commencé un dimanche matin du mois d'avril 2010. Alors que je cherchais une source de distraction plus amusante que mes cours de mécanique des fluides, j'ai allumé mon téléviseur et j'ai découvert Michel Onfray, ce philosophe des Lumières que la mécanique quantique a téléporté au 21ème siècle, à mon plus grand enchantement.

Un reportage lui était consacré sur France 5. Philosophe pas franchement médiatique (pour le dire de façon plus claire, disons que fort heureusement c'est l'anti-BHL...), il racontait via ce reportage biographique sans être hagiographique son enfance et son parcours qui l'a amené à être, à tout juste 52 ans, le philosophe aux 70 livres publiés et traduits en 26 langues.

Devant mon téléviseur, quelque chose, que je n'arrive toujours pas à m'expliquer, m'a fasciné chez cet homme là. Etait-ce son phrasé musical ? Sa chevelure maupassienne ? Ou plutôt le sourire qui se dégageait de lui, et qui contraste avec le visage figé qu'affichent les professeurs de philosophie que nous tous avons connus.

Donc je disais que cet homme m'a impressionné. Tout de suite. Alors j'ai eu l'idée de mettre des mots sur mon ressenti, et de les lui transmettre par mail. Quelle ne fût pas ma surprise quand, 72h plustard, je découvre ahuri que Michel Onfray m'a répondu, en des termes chaleureux, presques intimes "(...)Je vous remercie, cher Ismaïl, pour votre mail d'ami, qui me fait du bien." Des termes qui autorisent tous les élans d'écriture.

Ce jour là, j'ai réalisé que les mots étaient en réalité plus que de simples lettres juxtaposées. J'ai réalisé que les mots avaient un poids et qu'ils pouvaient connecter un philosophe surgénial à un jeune étudiant en Classes préparatoires scientifiques.

Mon intérêt pour Nietzche ? C'est lui. Ma curiosité pour Spinoza ? C'est encore lui.

Assez parlé de moi. Parlons davantage de Michel (je peux l'appeler par son prénom maintenant qu'il me connaît, non?). Enfant alors âgé de 4 ans dans une famille provinciale, Michel Onfray est placé par je ne sais quelle cruauté parentale dans un orphelinat chez les curés. Il y découvrira... l'enfer : vexations diverses et variées, haine de l'intelligence, et j'en passe et des meilleurs. Naîtra alors en lui cette aversion pour les religions, source d'inspiration pour son best seller " Traité d'athéologie " (Vous savez, ce livre a été tellement vendu que même les prophètes ont dû l'avoir lu).

Et un tropisme littéraire qui, dira-t-il, le sauvera "on quitte l'enfer avec un livre." À 26 ans, après des études de philosophie, il est victime d'un accident vasculaire cérébral. Depuis, il va heureusement très bien.

Michel, je vous aime. Comme mon père.

Allez bisous bye.

Par Ismaïl Mikou Actuaire
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