Étrange été 2019




Après l’engouement suscité par le dernier discours du trône, une ambiance particulière est en train de s’installer dans le Royaume. La rumeur enfle, des nuques se rétractent, des cous se rallongent, des torses se bombent, les djellabas sont amidonnées, des vacances sont reportées ou annulées, des CV circulent, des noms se chuchotent, les réputations se font et se défont, les prétendants clapissent d’impatience, les élus tremblent d’appréhension, des yeux brillent, des oreilles se dressent, des crocs poussent…

L’heure est plus que jamais à l’expectative depuis que le Roi du Maroc a annoncé l’imminence d’un large turnover parmi les élites dirigeantes du pays. 

A Rabat, centre névralgique, administratif et politique, du pays, les analyses de salons feutrés le disputent aux spéculations de terrasses de cafés de commerce. On parie sur qui va succéder à qui ? Qui va rempiler ? Qui va débarquer ? Qui sera débarqué ?

Entre temps, l’esprit du discours royal sur la nécessité d’un changement de posture vis-à-vis de la responsabilité publique pour la soumettre à l’implacable filtre de la compétence et du mérite et, in fine, la déployer au seul service de l’intérêt général, passe encore une fois derrière l’appât de la réussite personnelle, politique et sociale.

Ceux qui ne pensent qu’à leur fin qui aurait sonné et ceux obnubilés par leur moment de gloire qu’ils croient arrivé, se trompent lamentablement de débat. Et ils seraient mieux inspirés de recentrer leurs vaines réflexions sur ce qui devrait être fait pour que le Maroc sorte de l’impasse économique, politique et institutionnelle qui se profile. C’est l’essence même du dernier discours royal. 

Majd El Atouabi


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