Ilyas el Omari accusé d’incitation à la sédition contre le Roi


Par Aziz Boucetta



Ilyas el Omari accusé d’incitation à la sédition contre le Roi

Ce mardi 21 novembre se tenait une énième audience du procès des accusés d’al Hoceima, dont le principal Nasser Zefzafi.  Le jugement a été repoussé au 28 novembre, mais la défense a réclamé la convocation de plusieurs hauts responsables, gouvernementaux et autres, de même que le nom d’Ilyas el Omari a été cité, dans une accusation particulièrement grave.
 

En effet, l’avocat Ishak Charia, parlant au nom de Nasser Zefzafi, a affirmé que son client lui avait dit avoir eu, avant son arrestation, plusieurs entretiens téléphoniques avec Ilyas el Omari. Le président de la Région Tanger-Tetouan-al Hoceima et secrétaire général du PAM, l’aurait encouragé, selon l’avocat, à aller encore plus loin dans la rébellion : « Dans nos discussions, Nasser Zefzafi m’a informé qu’il avait eu plusieurs communications téléphoniques avec el Omari, et que celui-ci l’avait incité à aller plus loin dans la sédition et la rébellion contre le Roi et contre le pays, mais mon client a refusé ».
 

Le juge Ali Torchi a réagi à ces propos en les qualifiant de « très graves », ce à quoi l’avocat Charia a répondu : « Oui, et si vous ne me croyez pas, accordez alors la parole à Zefzafi qui vous confirmera tout cela. J’ai déjà sollicité que mon client s’adresse à la cour, mais vous avez refusé. Alors faites inscrire sur les minutes du procès que vous avez considéré mes paroles comme graves ».
 

Puis Me Charia conclut par cette phrase : « S’il s’avère que mes propos sont faux et dénués de tout fondement, je serais alors prêt à en assumer les conséquences ».
 

D’où la nécessité, cette fois, de convoquer, et de s’assurer de la présence d’Ilyas el Omari à l’une des prochaines audiences du procès. Et précisément, dans la soirée, alors que tous les médias rapportaient ces échanges tenus lors du procès, l’avocat Ahmed Arehmouch du Barreau de Rabat, affirmant agir au nom de son client el Omari, a publié un communiqué dans lequel il dit ceci : « Nous avons été surpris par les déclarations des avocats de certains accusés dans les événements d’al Hoceima devant la Cour d’appel de Casablanca, des déclarations dans lesquels le politique l’a emporté sur le professionnel. Aussi, et compte tenu de ces propos à lui attribués et de ces accusations montées de toutes pièces, mon client Ilyas el Omari, en sa qualité personnelle et institutionnelle, condamne ces accusations et les rejette totalement. Il réclame l’ouverture urgente d’une enquête pour identifier les dessous et les objectifs de ces fausses informations, tout en se réservant le droit d’engager des poursuites judiciaires ».
 

Une nouvelle affaire dans l’affaire s’enclenche car le rôle d’el Omari reste opaque. Il est le président de la Région que des troubles parfois violents ont secoué 9 mois durant, et il est aussi un parent proche de Saïd Chaou, maroco-hollandais que la justice marocaine réclame à son homologue batave pour implication présumée dans ces troubles.
 

Ilyas el Omari est le secrétaire général démissionnaire du PAM, mais il semblerait qu’il soit revenu sur sa démission. Contacté à plusieurs reprises par Panorapost, il n’a pas répondu à nos sollicitations, malgré un texte écrit laissé sur sa messagerie. Mais le communiqué de son avocat, confirmé sur un statut de Souhaila Riki, dirigeante du PAM et alliée inconditionnelle d’el Omari, doit tenir lieu de réaction.
 

Suite donc, à venir, et à attendre.
 

Avec l'aimable autorisation de Mr Aziz Boucetta




Dans un communiqué diffusé par Me Ahmed Arahmouch, Ilyas El Omari réagi aux propos de Me Issac Charia, avocat de Nasser Zafzafi, leader du Hirak rifain, qui l’accusait de comploter contre la monarchie, mais aussi à ceux similaires de Me Mohamed Ziane rapportés par Yabiladi  et dénonce « des déclarations gravissimes de la défense de personnes poursuivies dans le cadres des événements d’Al Hoceima ». La défense du patron du PAM et président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, exige ainsi l’ouverture d’une enquête sur ce qu’il estime être une manœuvre occasionnée dans un objectif de nuisance politique à son égard et se réserve ainsi le droit à des poursuites judiciaires pour « diffamation et accusations mensongères ».


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