Juguler les tares qui freinent l’élan de développement




Juguler les tares qui freinent l’élan de développement
Les conditions d’une crise de confiance, bien réelle, au sein des différents niveaux de la vie publique marocaine se sont graduellement mises en place dans la foulée des états d’épuisement politique, social et économique atteints par notre modèle de développement devenu quasi improductif. D’où l’appel solennel lancé par le Souverain pour asseoir un nouveau modèle qui soit purement marocain et à même d’engendrer un nouveau contrat social en vue de garantir la mise en œuvre des droits consacrés par la Constitution et créer les conditions d’un développement intégré.  

Il est en effet nécessaire, voire primordial, de fixer un nouveau cap pour mettre sur pied des politiques publiques vouées à la concrétisation des droits les plus élémentaires pour une vie digne et décente tel le droit au travail, à l’enseignement adéquat, à l’habitat salubre, à l’accès aux soins sanitaires, à l’eau potable et à un environnement sain, entre autres besoins non moins importants. 

Le pari pour réussir une évolution qualitative et socialement efficace passe aussi, fondamentalement, par l’incitation au développement personnel dont les corollaires sont un dispositif éducationnel et de formation favorisant l’autonomie et un système administratif et légal encourageant la libre initiative et l’innovation dans les différents domaines de la vie. Il est temps, en effet, de s’occuper de l’être et de se focaliser moins sur le seul paraître.        

S'occuper réellement des catégories qui souffrent le plus de conditions de vie déplorables, notamment dans les zones rurales et dans les périphéries des villes, doit se faire valoir via des politiques publiques assurant la dignité et la pleine citoyenneté à tous les Marocains. La diversification des activités économiques est l’option idoine pour sortir le monde rural et les zones reculées du sous-développement. L’agriculture est certes primordiale, mais miser sur le tout agricole dans les campagnes est une erreur stratégique qui a contribué à la fragilisation de pans importants de la population rurale touchée par les aléas climatiques, la sècheresse en particulier. L’exode rural massif à l’origine des ceintures de misère autour des grandes villes et tous les maux sociaux qui vont avec, en est d’ailleurs la grande illustration.    

Promouvoir l’espace territorial rural est donc une priorité qui passe par le développement des activités économiques, industrielles et génératrices de revenus. Qui passe aussi par l’accès des habitants du monde rural aux services sociaux et administratifs nécessaires via une décentralisation administrative effective et efficace.  

Les politiques adoptées jusqu’ici dans notre pays, si elles ont favorisé la modernisation de l’économie et assuré un élan salvateur en matière d’infrastructures et de projets structurants, elles ont aussi conduit à un élargissement des disparités sociales et spatiales et à l’enlisement de l'héritage générationnel de la pauvreté. Elles ont également fortement affaibli la classe moyenne désormais en prise avec la dégradation de son niveau de vie et la détérioration de son pouvoir d'achat, voire carrément avec l’appauvrissement. A ceci s’ajoutent le diktat des groupes de pression et des intérêts corporatistes, la faiblesse de la lutte contre la corruption et la dépravation économique et l’absence de rigueur dans l’application des textes. 

Incapables d’engendrer une croissance créatrice d'emplois, nos politiques publiques doivent donc être revues afin de mettre fin à l’hémorragie et de surmonter les problématiques de redressement des dysfonctionnements et de correction des déséquilibres. 

Le nouveau modèle de développement devrait servir de socle à l’émergence de nouvelles politiques publiques à même de juguler les tares qui freinent l’élan de développement d’un Maroc résolument tourné vers la modernité mais qui peine encore à atteindre sa vitesse de croisière en matière de progrès économique et social. 
  
Jamal HAJJAM



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