LE RÉVEIL DES PEUPLES




 La démocratie, confisquée par les Élites, a montré ses limites. Les politiques continuent à gouverner avec des schémas du passé. Ils ignorent superbement le monde réel d’aujourd’hui et encore moins ce que le futur nous réserve.
 

 À écouter les candidats au parlement européen, ils nous parlent encore de divisions et de frontières. Ils nous parlent de structures dépassées, lorsque la globalisation impose aujourd’hui, avec l’avion, internet, Facebook, les liaisons satellites, les Smartphones, de remettre en question l’organisation du monde. Vont-ils enfin réaliser les limites des États-nations. 
 

 Le XXe siècle a eu ses heures de gloire, mais aujourd’hui les technologies nouvelles nous construisent un monde nouveau. Les peuples le sentent instinctivement. Certaines structures vont cesser d’exister et les responsables politiques continuent à défendre ce monde dépassé, au lieu de préparer les administrés aux changements et aux réformes qui s’imposent. La robotique associée à l’intelligence artificielle va bouleverser le monde du travail. L’homme ne va plus offrir d’effort musculaire, aussi faible soit-il. Il ne gagnera plus sa vie à la sueur de son front, mais à celle de son cerveau. En attendant, ce nouveau monde que nous construit la digitalisation associée à l’intelligence artificielle, bouleverse le monde du travail et laisse sur le bord de la route, nombre de chômeurs qui mourront chômeurs. Un problème que la solidarité de cette nouvelle société en devenir doit résoudre. 
 

 Profitant des réactions instinctives et spontanées des citoyens, des militants anarchistes et souvent casseurs, au nom de la liberté, cherchent à abaisser, à exclure les « ennemis » que désignent leurs préjugés.
 

Même le pouvoir judiciaire, en France et ailleurs, se substitue aux
élus du peuple pour légiférer sur des questions de société.

Le politiquement correct, dans le sillage tracé par les américains, veut museler les récalcitrants, foin d’avis divergents. Ce radicalisme culturel a envahi tous les compartiments de la société, et s’abat sur les citoyens comme une chape de plomb. 
 

La chute du pouvoir d’achat a été masquée par des artifices monétaires et surtout par l’importation de produits à bas coût de revient importés, alors qu’en réalité il s’effondre au travers des emplois détruits par les délocalisations.

 Le réveil du peuple vient en réalité du constat de son appauvrissement et la recherche du bouc émissaire.  Les classes moyennes paient un lourd tribut aux crises successives pendant que les riches s’enrichissent, un paradoxe du système libéral.

 Aujourd’hui, toutes les normes communes qui ont fait le « vivre ensemble » sont attaquées au nom du droit et d’une morale dont ils monopolisent le sens. 

Le peuple ne veut plus de la dictature des identités née aux Etats-Unis. La victimisation identitaire est une puissance  dont le pouvoir d’intimidation et de nuisance, échappe à toute volonté politique de fermeté et à tout discours de la raison.

  C’est contre tout cela que les peuples se rebellent en rejetant leurs élites. Il ne s’agit pas de populisme, mais d’un réveil qui veut qu’on revienne au bon sens et à la mesure. Comme l’a si bien dit l’ancien chef de l’état polonais, Lech Walesa : « On avait la peur de Dieu et la peur du voisin. Mais aujourd’hui on a seulement le code de la route ».

 L’inévitable ouverture des frontières aux hommes, aux capitaux, aux biens et aux idées est en cours. C’est une révolution d’ampleur mondiale que les politiques n’ont pas planifiés et pour laquelle ils n’ont pas préparé leurs administrés en procédant aux réformes qui s’imposent.

On parle beaucoup d’un nouvel ordre mondial, mais les  bruits de bottes, un peu partout dans le monde retarde le début de cette nouvelle ère attendue, une ère moins menacée par la terreur, plus dévolue à la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix.

   C’est à cela qu’aspirent les mouvements spontanés des peuples, un peu partout dans le monde.

 On ne pourra pas ignorer ce réveil en le qualifiant, à tort, de « populisme ».
 

  Dans son fameux discours de Maastricht en 1992, Philippe Séguin déclarait déjà : « Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalisme et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s ‘exprime sa liberté, c’est à dire son droit imprescriptible à choisir son destin ».

  Les recompositions politiques, à l’Est comme à l’Ouest, au Nord comme au Sud de l’Europe, semblent lui donner raison. Les politiques continuent à se battre avec les schémas du passé, et n’auront aucune chance dans l’actuelle bataille de la pensée positive.

C’est bien à un réveil des peuples que l’on assiste et non à une explosion populiste.




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