LE SAVIEZ-VOUS ?




Une idée reçue, difficile à extirper de la pensée collective : le lobby juif aux Etats-Unis est puissant et impose sa volonté au gouvernement américain, dès qu’il s’agit d’Israël. Connue sous l’appellation AIPAC, American Israël Public Affairs Committee, l’organisation a reçu récemment le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Ce dernier a tiré la sonnette d’alarme contre la montée de forces qui veulent séparer l’Amérique d’Israël. Quelles sont ces forces auxquelles Netanyahou fait allusion ?
 

 C’est la majorité de la communauté juive américaine qui ne s’enthousiasme guère de l’alignement du président Donald Trump sur la ligne politique du premier ministre israélien.

  Aucun président américain, depuis la reconnaissance de l’État hébreu par Harry Truman en 1948, n’a autant fait pour Israël. Mais pour l’électorat juif américain, au Trois-quarts démocrate, trop c’est trop. Profondément impopulaire auprès d’eux, Donald Trump, lors d’une célébration de Hanoukka, la fête des lumières, en décembre dernier, a choqué les représentants de la communauté juive américaine en désignant Israël comme leur « Pays », eux qui rejettent toute idée de double allégeance. Si la vieille génération avait eu une vision idéalisée d’Israël, ce n’est plus le cas, surtout chez les jeunes, très libéraux et dont le taux de mariages mixtes frise les 50%.
 

 



  Immigrés, comme tous les arrivants, ils se sont assimilés au Nouveau Monde sans regrets de l’ancien. Comme tous les immigrés en terre américaine, ils sont avant tout Américains et ne veulent aucune ambiguïté sur ce point. Longtemps ils ont été indifférents, voire hostiles au sionisme. Ceux qui soutiennent Israël le font comme les francophiles la France, les anglo-saxons le Grande Bretagne ou l’Irlande.

 La politique d’occupation et d’annexion du gouvernement de Netanyahou à l’égard des Palestiniens, a progressivement fait évoluer vers une critique franche, la majorité des juifs américains.
 

  Aux Etats-Unis, les juifs conservateurs ou réformés rejettent le monopole du rabbinat ultra-orthodoxe sur les mariages et les conversions, la loi proclamant le caractère juif de l’État, les entraves mises en place à l’égard des juifs conservateurs ou réformés, à venir prier au Mur des lamentations.

 Ils reprochent à Netanyahou ses alliances contre nature avec des dirigeants « autoritaires », souvent accusés d’antisémitisme. Ils sont convaincus que c’est  la politique actuelle du gouvernement israélien qui a terni l’image d’Israël, entre autres, auprès d’eux.

  On est loin d’un lobby monolithique juif aux Etats-Unis en faveur d’Israël.

On constate aujourd’hui un véritable divorce entre  l’État hébreu et la diaspora juive américaine.

  Dana Milbank du Washington Post écrit : « Nous ne subissons pas la menace quotidienne du Hamas ou du Hezbollah, mais si la réponse est l’ultranationalisme et l’apartheid, les Israéliens doivent savoir que nous ne pourrons pas les soutenir. »

  Laissons le rabbin Steven Wernick, chef du judaïsme conservateur au Etats-Unis, qui vient d’écrire au gouvernement israélien, de conclure : « On ne peut plus parler de fossé entre Israël et la diaspora, maintenant c’est un canyon. » 

http://www.gabrielbanon.com/


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