La Darija dans les manuels scolaires n’est pas une priorité


Matin TV Chakib Guessous



La question de l’introduction de certains mots en Darija dans les manuels scolaire a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux entre ceux qui dénoncent cette initiative et ceux qui qualifie ce débat de « faux-débat ».

Invité de l’Info en Face, Chakib Guessous, médecin Radiologue et Socio-Anthropologue, y voit un débat à ne pas placer en haut des priorités pour le secteur éducatif. Ce qui est alarmant pour lui, c’est plutôt la qualité des cours et le niveau d’apprentissage des élèves.

« Le problème n’est pas d’avoir trois mots dans un manuel scolaire, le problème se situe au niveau des acquis des élèves, vont-ils avoir une connaissance parfaite de la lecture, de l’écriture, du calcul, … c’est cela où l’on doit placer le vrai débat », s’indigne le sociologue.

Driss Khrouz: "L'opposition darija-arabe est un faux-débat"

Médias24: Que faut-il penser de la polémique née après la diffusion de fac similés de prétendus nouveaux manuels scolaires rédigés en darija... (*)

Driss Khrouz: Où est le problème, ce sont des termes et des adages typiquement marocains que tout le monde connaît.

-Quelle est votre position sur l’usage de la darija?

-La darija, c’est le parler marocain qui est une synthèse du romain, du phénicien, de l’amazigh, de l’arabe auxquelles il faut ajouter des emprunts au français, à l’espagnol …

C’est donc indéniablement une langue vivante à part entière qui véhicule un savoir et dont je réfute l'appellation de dialecte.

Quoi qu’en disent certains, elle n’est ni en opposition ni en contradiction avec l’arabe.

-On peut donc les mettre sur le même pied d’égalité?

-Il n’y a pas d’égalité entre les langues car chacune a son itinéraire, sa vie, son espace et ses codes.

En matière linguistique, il n’existe pas d’indicateurs de performance. Le seul que je pourrais, à la rigueur, citer est celui qui invente la science, la technologie et crée du travail.

-Les livres en darija peuvent garnir les rayons de la bibliothèque nationale?

-Toutes les langues sont les bienvenues dans les lieux publics ou privés de savoir. Chacune obéit à des critères et il existe plusieurs espaces dédiés comme, par exemple, l’académie qui norme une langue.

Quelle quelle soit, une langue peut avoir ses domaines de standardisation mais elle peut aussi disposer d’espace de défoulement.

C’est notamment le cas du rap qui est un espace de liberté d’expression.

-Justement à l'image du rap, la darija n’est-elle pas mal vue pour son côté contestataire alors que l’arabe, assimilé au Coran, est porteuse de quiétude, d’espoir...?

-C’est avant tout un problème d’usage dont les langues dans leur globalité ne sont pas responsables.

L’arabe standard est assimilé à une langue élitiste sachant que c’est la langue de Qoraich qui a évolué dans le contexte de l’Islam.

Certains ont réussi à la faire évoluer comme les Libanais qui parlent un arabe magnifique. Idem pour les Egyptiens musulmans ou chrétiens et les Dominicains du pays des pharaons qui ont laissé des écrits fabuleux.

Ce contexte historique fait qu’on associe l’arabe standardisé à l’Islam et à l’élite mais dans certains pays, cette langue standardisée a évolué et se vit très bien au quotidien.

Au Maroc, nous pratiquons cette langue qui n’est plus la même qu’ailleurs parce qu’elle est très influencée par la société et vice-versa.

Le parler marocain n’est pas de l’arabe ou de l’amazigh car son introduction est antérieure à l’arabe.

Au départ, il était d’origine carthaginoise avant de s’enrichir avec des rajouts successifs.

-Son utilisation remonte donc à très loin?

-Bien sûr, elle a ensuite été enrichie par les cultures amazighes, judéo-marocaines, l’arabe classique, le français ...

-Pourquoi garde-t-elle une étiquette de sous-langue?

- Elle n’est pas subitement tombée du ciel car il existe des encyclopédies et des manuscrits qui remontent au XIIe siècle.

Partant de là, c’est une langue à part entière qu’il convient cependant de continuer à travailler pour qu’elle ne meure pas.

Il faut donc arrêter de mettre en opposition ou en concurrence la darija, l’amazigh et l’arabe classique.

Chacune a son espace, sa dynamique et son public, il n’y a aucune contradiction entre elles et nous ne sommes pas condamnés à établir un podium avec trois marches.

Une langue n'est ni pure ni impure, elle est simplement.

D’un côté, il y a des choix qui doivent être faits en matière d’enseignement avec des instances qui doivent trancher et de l’autre, le public a le droit d’utiliser la langue qu’il désire et qui lui convient.

Cette polémique née de l’utilisation d’adages ou de mots en darija ne vient pas d'une prétendue vulgarité qui lui serait propre mais plutôt de ce qui est dit ou de ce qui en est fait.

-Selon vous, est-elle synonyme de modernité?

-Je préfère le terme de démocratie.

-Certains intellectuels comme Abdellah Laroui s’opposent pourtant à sa démocratisation ou à son introduction à l'école?

-Il n’est pas le seul à la combattre mais à mon sens, le problème est que ses détracteurs confondent unité nationale et unité linguistique.

Pour eux, une nation ne peut être constituée que d’un seul territoire, un seul pouvoir et une seule langue. C’est du nationalisme appliqué à la langue.

A contrario, je fais partie de ceux qui considèrent que le patriotisme, c’est la diversité dans le cadre de l’unité.

L’unité ouverte sur la diversité est un débat éminemment politique dans lequel les langues trouvent leur place.

Le débat actuel découle d'ailleurs du discours royal sur la nécessité d’introduire des langues étrangères et de réformer l’enseignement des matières scientifiques.

C’est un dossier très sérieux où l’espace linguistique ne doit plus être une zone de confrontation mais plutôt d’appropriation et d’adhésion.

-C’est en théorie vrai mais au Maroc, la confrontation avec les détracteurs de la darija et de l’amazigh est bien réelle sachant qu’ils n’hésitent pas à parler d’hérésie linguistique.

-Malheureusement, ils confondent langue et religion et investissent les langues avec une idéologie qui ne leur est pas propre.

-C’est donc une arme de division?

-Plutôt de positionnement idéologique basé sur une lecture biaisée de l’histoire car, en réalité, la darija est antérieure à l’arabe qui est elle-même antérieure à l’Islam.

C'est d'ailleurs également le cas du catholicisme qui est toujours assimilé au latin alors que la langue pratiquée lors de sa révélation était l’araméen.

-Contrairement à l'idée reçue, la darija n’est pas une émanation directe de l’arabe?

-Même si elle a été enrichie par l’arabe, sa création et son utilisation remontent au Maroc des phéniciens, carthaginois, romains, amazighs athées, idolâtres, juifs, chrétiens, musulmans …

Cela s'explique par le fait qu'en dehors d’une parenthèse entre le 15ème et le 18ème siècle, le Maroc a toujours connu l’ouverture sur le monde.

Tout cela s’est vécu dans des langues car ce qui fait une civilisation, c'est la mobilité des populations.

Quand un peuple bouge, les idées font de même et ces idées se disent dans une langue. Les langues se citent, se recitent car réciter, c’est citer de nouveau. Ainsi quand un mot est cité de nouveau, il devient une norme, une vérité et une référence.

Je considère donc que cette opposition darija-arabe est un faux débat.

L’arabe qui est une langue magnifique a ses espaces et n’est en rien menacé par la darija ou par d’autres langues comme le français.

-Qu'est ce qui pourrait la menacer?

-Tout simplement l’immobilisme et il convient donc de la travailler pour qu’elle évolue et devienne plus dynamique.

Il faut arrêter de la penser comme une langue élitiste et pure sous peine de l’appauvrir.

-L’arabe pur serait donc une invention des gardiens du temple?

-Toute prétendue pureté tue les langues.

-Pourquoi une minorité arabophone arrive-t-elle à l’imposer à l'écrasante majorité qui pratique la darija?

-Dans tous les domaines, l’élite a toujours le dernier mot d’autant plus que notre société est dans une transition politique difficile.

Depuis l'adoption de la Constitution en 2011, beaucoup de choses sont en mouvement et cela implique des avancées et des reculs.

-Pourra-t-elle, à terme, devenir une des langues officielles du Maroc?

-Le Maroc a toutes les compétences pour inventer ce que l’on peut appeler une langue arabe médiane qui ne soit pas une langue de doctes (élite). Idem pour l’amazigh.

Selon moi, il n’y a aucune contradiction entre l’arabe standard, la darija et l’amazigh.

-Quel est le point commun entre ces trois langues?

-Aucune d’entre elles n’est (malheureusement) travaillée scientifiquement et le résultat est qu’elles sont toutes statiques.

Il importe donc de faire preuve de souplesse pour les moderniser et les ouvrir sur la science.

-Faudra-t-il, pour cela, inventer une grammaire à la darija?

-Aujourd’hui, parler une langue ne passe pas par la maîtrise de sa grammaire mais par celle de son usage car la langue n’est pas une fin mais un moyen.

Tout ce débat sur les langues est tronqué parce que certains la considèrent comme une fin en soi alors qu’elle est un véhicule social, un moyen de travailler, de produire et de réfléchir.

Une langue qui ne produit pas de savoir, de science et de culture est condamnée à s’appauvrir.

Si elle s’appauvrit, ce n’est pas parce qu’elle l'est intrinsèquement, mais plutôt parce que l’on ne fait rien pour l’enrichir.

-En dehors d’offices religieux, le latin est pourtant devenu une langue morte alors qu’il n’était pas pauvre?

-Oui mais tout comme la darija, le français était considéré comme un dialecte qui a réussi à prendre le relais.

En parlant du cas du latin, le mandarin était considéré comme mort mais aujourd’hui, il a fini par ressusciter.

En 1948, l’hébreu était également considéré comme une langue morte car c’était une langue liturgique très complexe. Après avoir a été travaillé scientifiquement par des gens qui parlaient français, anglais …et qui ont su le faire évoluer, l’hébreu est devenu, aujourd'hui, une langue moderne.

Concernant l'arabe standard, les sociétés laïques qui l'utilisent et qui ne sont pas dans la culture de la sacralisation de cette langue parlent tous un arabe magnifique.

Pour eux, si vous faites des fautes de grammaire, ce n’est pas un drame mais si vous avez le malheur de commettre une simple faute d'orthographe devant des savants marocains, vous serez qualifié d’ignorant ou même de sacrilège.

-Entre les lignes, l’arabe sans filtre religieux est utilisé à meilleur escient ?

-Ceux qui lui imposent une fonction religieuse l’utilisent comme un moyen d’exclusion des autres sous prétexte que ces derniers ne sont ni des savants ni des lettrés.

C’est ce que j’appelle un instrument de classe car ces gens considèrent qu’il existe des langues supérieures et inférieures.

Encore une fois, une langue n’est pas vulgaire, c’est le choix des mots qui peut l’être.

Toutes les langues recèlent des mots ou des expressions magnifiques qui chantent le charme, la vertu, les divinités mais elles peuvent également chanter des saloperies.

-Les adversaires de la darija la qualifient souvent de langue peu raffinée voire vulgaire 

-Ce n’est pas parce qu’on écrit quelque chose de vulgaire en darija que cette langue est vulgaire. Quelle que soit la langue utilisée, c'est son contenu qui peut être vulgaire. 

Prenez en exemple les chants du malhoun, vous ne trouverez pas plus raffiné alors que les textes sont en darija. 

Plusieurs poèmes (zajal, aïta …), d’une beauté magnifique, prouvent s’il en était besoin son extrême raffinement. 

De plus, quand on parle darija avec ses parents ou ses amis, est-on vulgaire alors qu’il n’y a pas plus conservateur que la société marocaine?

Il faut arrêter de prendre des raccourcis en confondant le véhicule et le contenu qu’elle véhicule car la vulgarité sévit dans toutes les langues.

Ainsi, peut-on prétendre que l’Américain, qui découle de l'anglais, est une sous-langue vulgaire alors que c’est la première langue pratiquée dans le monde et que ce pays s'est très vite imposé comme la 1ère puissance mondiale?

Le français qui était un dialecte d’Ile de France s’est aussi imposé partout et idem pour l’italien, l’espagnol et le portugais qui étaient considérés comme des dialectes vulgaires.

Toutes ces langues ont été travaillées, structurées en faisant appel à l’imagination, la poésie, le rêve, la science, la vie économique …

Tout le contraire de ceux qui persistent à faire de l’arabe une langue d’exclusion.

A les écouter, parler darija, c’est être arroubi, et s’exprimer en amazigh est le fait de chleuhs arriérés.

Au final, on en arrive à un rapport de classe nauséabond et destructeur qui appauvrit les langues.

-Arrivera-t-on à introduire la darija comme une langue d’enseignement?

-Il faudra certainement beaucoup de temps et de débats.

C’est faisable à condition d'arrêter de la mettre en contradiction avec l’arabe et de la présenter comme une menace pour sa pérennité.

-Certains pensent pourtant qu’elle est un danger pour l’arabe qu’elle pourrait même remplacer?

-J’ai souvent entendu dire que les défenseurs de la darija étaient des francophones.

Quelle idiotie, sachant que la majorité de ses défenseurs sont des polyglottes qui savent que la maîtrise de plusieurs langues est une richesse fantastique et qu’il n’y a pas de contradiction à parler l’une ou l’autre.

Nous ne sommes pas condamnés à parler une seule langue car on peut en pratiquer dix ayant chacune son utilité. L’espace de la darija n’est pas celui de l’arabe standard et vice versa. 

A moins de vouloir devenir chômeur, on ne va pas étudier l’amazigh ou la darija pour décrocher un diplôme de chimie ou de physique nucléaire.

Ceux qui veulent apprendre ces langues peuvent l’utiliser pour le cinéma, la culture, le théâtre, la télévision, la chanson …

Il faut donc réfléchir pour savoir quel type d’enseignement et de pédagogie, il faudra mettre en place. 

-Face à l’opposition féroce des pourfendeurs de la darija, cela a l’air mal parti?

-Devant les expériences réussies du Brésil, de l’Inde, de la Suisse, Belgique …, je reste quand même optimiste.

C’est une question de bon sens car chacune a son utilité et en fonction de ses intérêts, le public pourra passer de l’une à l’autre.

En tant que professeur, je ne peux pas donner un cours d'économie en amazigh ou résoudre des équations en arabe.

La raison est que ces langues n’ont pas été travaillées et n’ont pas produit de sciences. On s’est limité à traduire de la tautologie c'est à dire la forme mais pas le fond.

-Combien d’années faudra-t-il pour faire évoluer ces langues?

-Au bas mot, 30 ans de préparation des instruments.

Pour celà, il faudra commencer par s’attaquer aux manuels, lexiques, dictionnaires, abstracts, enseignants, académies ….

Ce n’est qu’après que l’on pourra évoluer.

-Ce ne semble pas être la priorité des politiques, deux partis (PI et PJD) ont réagi au parlement...

-Nous traversons une période de positionnement politique très complexe.

Depuis octobre 2016, nous ne sommes pas dans l’instabilité mais dans un questionnement énorme sur le plan politique.

Les partis politiques, mis en cause par la population et leurs électeurs, essayent donc de trouver un positionnement en utilisant des considérations idéologiques. La langue et la religion sont des créneaux faciles à investir sur le plan idéologique avec une surenchère nationaliste très forte.

Il y a un débat de fond car il y a une volonté royale de réforme de l’enseignement.

Elle ne se fera pas du jour au lendemain mais malgré les résistances actuelles, l’actuel débat musclé sur la darija est, selon moi, bénéfique.

-Malgré la violence des échanges entre antagonistes de la darija?

-Cette violence résulte du fait que ce problème a longtemps été occulté par ceux qui considèrent que la darija et l’amazigh étaient attentatoires à la sauvegarde et à la pérennité de la langue arabe. D’ailleurs, ils ont toujours présenté la darija comme la défense du français pour tuer l’arabe.

Il est temps de sortir du champ de ces oppositions stériles et infondées pour aller vers des espaces d’appropriation positives et vertueuses des langues pour les travailler et les adapter à notre époque.

Parler en darija n’est ni une médaille ni une punition car il n’y a pas de langue plus méritante que l’autre mais personne n’a le droit de dire que la darija n’existe pas ou ne correspond pas à une réalité.

Tout comme l’arabe classique, l’amazigh et le français, elle a ses besoins, sa population, son histoire, ses forces et ses faiblesses.

Le fait que le Maroc soit ouvert sur plusieurs cultures (et donc langues) est une force et un avantage magnifiques, ces différents espaces ne sont pas censés être en guerre.

-En lisant les réactions dans les médias partisans et numériques, c’est pourtant l’impression générale.

-Cela s’explique par le fait que le débat sur le plurilinguisme vient à peine de commencer.

-Trente ans de batailles, ce n’est pas vraiment récent?

-Si, parce qu’en réalité, on commence à peine à s'y intéresser sérieusement tout comme au débat sur la liberté religieuse qui n’avait jamais été vraiment abordé au Maroc.

Ce n’est pas parce que les réflexions ont été exclusivement confisquées par les uns, pendant des décennies, qu’il y a eu un vrai débat.

En réalité, il a véritablement démarré en février 2011, notamment grâce aux réseaux sociaux qui ne cessent de se développer et qui sont le nouvel espace de liberté et de débat.

Malgré l’antagonisme des positions, le débat a enfin lieu et c’est une très bonne chose qui me rend optimiste pour l’avenir

-Comment expliquer le mépris des arabophones à l’égard d’une langue pratiquée par la majorité?

-Je vais vous répondre de manière imagée.

A la veille de sa libération, on demanda à un esclave quelle serait la première chose qu’il ferait une fois libre. Il répondit alors: "Je vais acheter un esclave".

Tout cela pour dire que les tabous sont bien ancrés chez nous et que les Marocains ont intériorisé une hiérarchie des langues en considérant qu’il y avait des langues pures, vulgaires, de savoir, de chikhates ….

Cette histoire très chargée de clichés doit donc évoluer positivement et c'est justement le débat actuel qui permettra de nous décharger de nos certitudes.

-Vous pensez que nous arriverons à casser cette hiérarchie infondée?

-Il faudra un long débat ainsi qu’une plus forte implication des institutions concernées.

-Tout comme pour la Moudawana, le salut ne passera-t-il pas plutôt par une intervention royale?

-Le dernier discours royal a été très positif sur cette question mais la société doit nécessairement s’approprier ce débat pour faire évoluer les choses dans le bon sens.

(*) Les pourfendeurs de la darija dénoncent un 1er manuel, validé par le ministère de l’Education nationale, qui utilise des termes comme briouate, baghrir, ghriyba. Le département s’est défendu en affirmant que ce sont des noms propres choisis pour leur vertu pédagogique auprès des enfants. Un 2ème livre non reconnu par le MEN contient des expressions populaires jugées vulgaires (mchat tssakhoun adimatha f’l hammam: elle est partie se réchauffer les os au hammam …). Il ne s'agit pas d'un manuel scolaire officiel, ni même marocain (mais d'un pays voisin) et il date de 2017.

Source : https://www.medias24.com/MAROC/SOCIETE/185601-Driss-Khrouz-L-opposition-darija-arabe-est-un-faux-debat.html

 

Pour le ministère, aucun motif pédagogique n'empêche l'usage de la darija

Dans une mise au point au sujet de certains nouveaux manuels scolaires du cycle primaire, le ministère souligne que la Vision stratégique de la réforme du système de l'éducation et de la formation prévoit que l'école doit être un vecteur et un outil de transfert de la culture, tout en insistant sur le rôle fonctionnel des langues adoptées, notamment en matières de consécration de l'identité et d'ouverture sur le monde.

 

Le ministère a également noté que l'adoption de la culture marocaine dans des textes en langue arabe dédiés à des élèves du primaire repose sur plusieurs principes pédagogiques, visant notamment à enrichir le capital linguistique des élèves dans différents domaines (familial, environnemental, national), via des textes narratifs et fonctionnels touchant différents champ linguistiques, tout en les consolidant par des exemples réels tirés du milieu dans lequel ils vivent.

 

Une telle démarche, précise-t-on, prend en considération l'importance de la dimension culturelle dans l'apprentissage de la langue arabe et exige, de ce fait, des manuels scolaires dont le contenu est étroitement lié à l'environnement de l'élève.



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