Santé et Bien Etre

La médicalisation du malheur : Les antidépresseurs



Pourquoi je suis contre les antidépresseurs par Jean-Marc Dupuis



Les antidépresseurs sont les médicaments sur ordonnance les plus prescrits chez les personnes de 18 à 44 ans, et le troisième médicament le plus fréquent dans la population. 

On ne les donne pas seulement aux dépressifs. Les personnes souffrant d’anxiété, de douleurs chroniques, de fatigue, les personnes en deuil ou ayant subi des chocs émotionnels, les victimes de troubles bipolaires et troubles de l’appétit sont aussi, trop souvent, mises sous antidépresseurs. 

15 millions de boîtes sont prescrites chaque année en France. [1] Or, une étude qui vient de paraître indique les personnes sous antidépresseurs ont un risque de mort prématurée qui monte de 33 %. 

Avant d’avaler la « pilule du bonheur », il est donc important que vous soyez au courant des problèmes médicaux, légaux, et éthique posés par les antidépresseurs. Ce sont des problèmes dont la plupart des gens et des médecins ne sont pas conscients.

1) Comment les antidépresseurs marchent

Les antidépresseurs n’ont pas été inventé pour traiter la dépression. 

Des scientifiques se sont aperçus, dans les années 40 et 50, que certains médicaments (à l’origine, c’était des anti-histaminiques) modifiaient le comportement d’animaux stressés. Ce n’est que des années plus tard qu’ils ont été baptisés par les médias « antidépresseurs ». 

La plupart des antidépresseurs modifient la production de sérotonine, un important produit chimique. Les antidépresseurs lancés dans les années 80 (Prozac, Zoloft, etc.) sont d’ailleurs appelés « ISRS », c’est-à-dire « inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ». 

Cela veut dire, en clair, qu’ils empêchent le cerveau de ré-absorber la sérotonine qu’il produit. Ils maintiennent donc, en théorie, un niveau plus élevé de sérotonine entre les neurones. 

La sérotonine se trouve dans notre cerveau mais aussi en abondance dans d’autres endroits du corps, en particulier les intestins et les plaquettes sanguines (d’où les problèmes digestifs et les hémorragies parfois déclenchés par les antidépresseurs). 

Dans le cerveau, la sérotonine agit comme neurotransmetteur : cela veut dire qu’elle permet aux neurones de communiquer entre eux, pour se passer des messages nerveux. Elle permet ainsi la bonne formation et transmission des pensées, des informations, des ordres aux muscles et aux organes du corps. 

Perturber le mécanisme de la sérotonine déclenche des réactions en chaîne. Dans un premier temps, les antidépresseurs font monter le niveau de sérotonine dans les synapses (points de communication entre les neurones). Mais les synapses ne restent pas sans réagir. Face à cette augmentation artificielle du niveau de sérotonine, ils réduisent leur sensibilité à la sérotonine. Puis, au bout de huit semaines environ, ayant perdu en grande partie leur sensibilité, ils se mettent à produire de la sérotonine de façon désordonnée, en quantités bien supérieures. Un véritable dérèglement du cerveau se produit, dont beaucoup de malades ne parviendront jamais à se sortir. 

C’est la raison pour laquelle ces médicaments sont profondément addictifs. Après un premier « traitement » aux ISRS, beaucoup de malades ont le métabolisme de la sérotonine perturbé. Toute leur vie, ils retombent en dépression. Les médecins, qui s’aperçoivent que le premier médicament ne marche plus, va essayer d’autres « molécules » qui, après une amélioration de courte durée, provoqueront à leur tour d’autres perturbations qui enfoncent le patient dans un déséquilibre émotionnel et une dépendance de plus en plus forte. 

Et malheureusement, le rôle de la sérotonine ne s’arrête pas là. Elle n’intervient pas uniquement dans le cerveau !! 

La sérotonine influe sur plusieurs fonctions vitales

La sérotonine régule de nombreuses fonctions vitales dans tout le corps comme la maturation et la mort des cellules nerveuses, la digestion,  la coagulation du sang, [4] les fonctions reproductives, les mouvements musculaires. 

Or, les antidépresseurs sont presque toujours pris sous forme orale (par la bouche, en comprimés ou pilules). Ils entrent dans le sang et sont donc diffuser dans tout le corps, pas uniquement dans le cerveau. 

Ils interfèrent donc avec les récepteurs de la sérotonine qui se trouvent dans les intestins, dans les muscles, les organes sexuels, dans les plaquettes sanguines (les cellules qui permettent au sang de coaguler). 

Il n’est donc pas étonnant que les personnes qui prennent des antidépresseurs subissent une perte du désir, des problèmes digestifs, des hémorragies, qui ne doivent pas être considérés comme des accidents mais au contraire comme des effets normaux du médicament. 

La paroi de l’intestin étant riche en sérotonine, les études récentes montrent que 14 à 23 % des personnes qui prennent des antidépresseurs souffrent de diarrhées, constipation, indigestion, douleurs abdominales, maux de tête…  

Les antidépresseurs les plus prescrits – Celexa, Effexor, Paxil, Prozac et Zoloft – multiplient par six les dysfonctions sexuelles, et ont un impact négatif sur les sentiments (baisse du sentiment amoureux). 

Et nous allons voir dans la suite de nombreux autres effets négatifs des antidépresseurs. 

2) L’effet positif des antidépresseurs est proche de l’effet placebo

La plupart des patients témoignent durant les 6 à 8 premières semaines de traitement d’une amélioration de leur humeur grâce aux antidépresseurs. 

Cependant, les études ont montré que cette amélioration se retrouve aussi, à hauteur de 80 %, chez les personnes qui prennent un simple placebo (faux médicament). 

Les antidépresseurs semblent malgré tout avoir un effet réel, bien que modeste.  

Cependant, après 8 semaines, le cerveau s’adapte à l’effet des antidépresseurs. Au bout de plusieurs mois, il est fréquent que la dépression revienne en force et les médicaments sont alors complètement inopérants. 

3) Risque de rechute augmenté lors de l’arrêt du traitement

Les antidépresseurs perturbent les mécanismes de la sérotonine. 

Lorsque vous arrêtez le traitement, il est fréquent que les neurones ne parviennent pas à retrouver leur fonctionnement normal. Ils ont été « désensibilisés » à la sérotonine, produite désormais de façon anarchique dans les synapses. 

Cela explique pourquoi 43 % des personnes qui cessent leur traitement antidépresseur ISRS (Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine) sombrent à nouveau dans la dépression, contre 21 % des personnes ayant pris un placebo. 

4) Les antidépresseurs provoquent des dommages au cerveau des rongeurs et des mouvements involontaires répétitifs chez les êtres humains

Les antidépresseurs peuvent tuer les neurones. Ils causent des dommages structurels semblables à la maladie de Parkinson, et peuvent provoquer une terrible maladie, la dyskinésie tardive. 

La dyskinésie tardive est une appellation technique pour un problème que nous connaissons tous : ce sont ces personnes qui ont des mouvements mécaniques involontaires du visage, en particulier entrer et sortir la langue de la bouche. 

On voit souvent des personnes qui souffrent de cela dans les maisons de retraite. On imagine que c’est une maladie mentale ou un problème lié à l’âge. En réalité, il s’agit le plus souvent de l’effet des médicaments psychiatriques, y compris les antidépresseurs [8] (et non uniquement les neuroleptiques comme le pensent beaucoup de médecins). 

5) Les antidépresseurs augmentent le risque de cancer du sein

« A quelque chose malheur est bon » : cela pourrait être la devise des médecins qui, ayant constaté que les antidépresseurs détruisaient les neurones, se sont demandés si, du coup, ils n’auraient pas un effet protecteur contre le cancer du cerveau (puisque le cancer est une prolifération de cellules du cerveau). 

Des recherches sont donc en cours pour vérifier cette éventualité, non confirmée à ce jour, mais possible sur le plan théorique. 

En revanche, il est avéré que les antidépresseurs augmentent le risque des autres cancers, comme le cancer du sein. 

6) Les antidépresseurs nuisent au développement des enfants

Les femmes enceintes souffrent souvent d’épisodes dépressifs et sont donc nombreuses à se faire prescrire des antidépresseurs ISRS. 

Les ISRS sont pourtant capables de passer la barrière du placenta et augmentent le risque de malformations congénitales [11] et de symptômes autistiques comme le syndrome d’Asperger, durant le premier trimestre de grossesse. [12] 

Pendant le 3e trimestre, ils augmentent le risque d’hypertension pulmonaire chez les nouveau-nés (avec un risque de décès de 10 %) et peuvent provoquer des symptômes de sevrage : cris, convulsion, irritabilité. 

7) Risque d’hémorragie

La sérotonine joue un rôle crucial dans la coagulation du sang, par ses effets sur les plaquettes sanguines. 

Les patients sous ISRS ont plus de risque de souffrir d’AVC hémorragique (causé par la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau) et d’être hospitalisés pour des saignements gastro-intestinaux. 

8) Pire que le Vioxx

Le Vioxx est un médicament anti-inflammatoire qui provoqua un immense scandale et fut retiré du marché lorsqu’on s’aperçut que, sur 1000 patients, il provoquait 7 accidents cardiovasculaires chaque année. 

Il est accusé d’avoir provoqué 40 000 accidents cardiovasculaires aux Etats-Unis. 

Attention, ces accidents n’ont pas provoqué de décès à chaque fois. 

Par comparaison, une étude publiée dans le British Medical Journal a montré que les antidépresseurs provoquaient 10 à 44 décès sur 1000 patients chaque année, selon le type d’antidépresseurs. 

Par ailleurs, il est souvent expliqué que les antidépresseurs sont nécessaires pour empêcher les gens de se suicider. Pourtant, ce point est notoirement controversé. Beaucoup de chercheurs pensent aujourd’hui au contraire que les antidépresseurs aggravent les tendances suicidaires, les soupçons les plus grands concernant les enfants et les adolescents mis sous antidépresseurs. [17] 

Problèmes éthiques et légaux

Les médecins et personnels de santé ont l’obligation morale d’éviter de causer un tort supplémentaire à leurs patients. La sentence latine « Primum non nocere » (D’abord ne pas nuire) qui est la première phrase du serment d’Hippocrate, prêté par tous les médecins, signifie que le médecin doit préférer ne rien faire plutôt que de risquer de nuire au patient. 

Bien que tous les médicaments aient potentiellement des effets néfastes, les antidépresseurs sont des médicaments particulièrement dangereux, qu’il conviendrait de ne manipuler et de ne prescrire qu’avec beaucoup plus de prudence qu’actuellement. 

Actuellement, la vision communément partagée dans le corps médical est que les bienfaits des antidépresseurs sont très supérieurs à leurs risques. Ce qui aboutit à ce qu’ils soient régulièrement prescrits sous prétexte qu’une personne soit profondément triste, sans pour autant que cela puisse être véritablement considéré comme une maladie. 

Car les sentiments négatifs, aussi désagréables qu’ils soient, sont des sentiments humains, surtout lorsqu’on affronte réellement dans la vie des épreuves : solitude, deuil, licenciement, divorces, disputes, auxquels personne n’échappe. 

Trop souvent, ces problèmes humains donnent lieu à des prescriptions de médicaments qui non seulement font courir les risques médicaux mentionnés dans cette lettre, mais qui de plus empêchent la personne d’affronter son mal, de faire face aux difficultés et potentiellement de les surmonter. En effet, la personne sous médicaments perd une partie de ses facultés mentales. Elle est partiellement anesthésiée et donc privée d’une partie de sa capacité de résilience et de son énergie vitale. 

Mon opinion profonde est que la prescription d’antidépresseurs peut souvent s’apparenter à une erreur voire à de la maltraitance médicale. 

La médicalisation du malheur

Je pense, comme d’autres observateurs de plus en plus nombreux, que nous en sommes arrivés à un stade où les antidépresseurs sont tellement prescrits, que seule la prise de conscience par les médecins d’un véritable risque légal pour eux peut freiner le mouvement et les amener à reconsidérer ces médicaments comme le premier recours en cas de symptômes dépressifs. 

Rappelons que la consommation d’antidépresseurs a doublé dans un pays comme la Grande-Bretagne cette dernière décennie, [18] et la tendance à la hausse frappe tous les pays occidentaux. 

On nous explique que c’est la faute de la crise, du chômage, des bouleversements sociaux de plus en plus insupportables qui frappent nos sociétés. Et certainement il est vrai que les causes de souffrance, de mécontentement et d’inquiétude sont de plus en plus nombreux. 

Mais je répète que l’on commet une grave erreur et une terrible imprudence en assimilant ces problèmes, bien réels et objectifs, à une maladie qui, soudain, aurait pris des proportions épidémiques. 

Une personne sur dix en Islande prend un antidépresseur chaque jour, et quasiment autant au Canada, en Australie, en Suède, au Portugal.  

En 1998, 11,2 millions d’Américains prenaient des antidépresseurs. En 2010, c’était 23,3 millions, soit plus du double. 

La tristesse, le désespoir même, ne sont pas des maladies. Ce n’est pas avec des médicaments que l’on traite les problèmes de la vie, du monde, qui nous entourent et nous inquiètent à raison. 

Au contraire, le système médical est en train d’aggraver fortement les choses, en enfermant dans la dépression des millions de gens et en déclenchant des effets néfastes dont certains sont irréversibles (la dyskinésie tardive, par exemple). 

Il est grand temps que les patients prennent conscience des risques que leur font courir les antidépresseurs sur ordonnance, et qu’ils redécouvrent les manières naturelles, éprouvées, d’affronter les épreuves de la vie et les grands épisodes de mélancolie, sans tomber dans le mirage d’une pilule du bonheur qui n’existe pas. 

Au sujet du suicide : quand s’inquiéter

La plupart des tentatives de suicide sont des expressions d’une détresse profonde, et pas des tentatives « d’attirer l’attention sur soi » comme on l’entend trop souvent. 

Une personne qui manifeste l’envie de se suicider doit être prise en main immédiatement par un professionnel. 

Si vous pensez qu’une personne de votre entourage songe au suicide, ne la laissez surtout pas se débrouiller seule. 

Aidez-la à consulter un médecin dans les plus brefs délais ou appelez les pompiers. Essayez de la priver d’accès à tous les moyens de se faire du mal (objets tranchants, corde, arme à feu, médicaments…) 

En plus des remarques directes ou indirectes laissant entendre qu’elle ne souhaite pas vivre plus longtemps, voici des signes qui doivent absolument vous alerter : 

Achat d’une arme, 
Accumulation de médicaments type somnifères 
Absence de projet d’avenir 
Personne mettant « de l’ordre dans ses affaires » et préparant son testament, vérifiant les conditions de son assurance-vie ; 
Distribution de ses biens 
Cessation des relations sociales 
Votre risque de suicide est également plus élevé si vous venez de subir : 
Une séparation douloureuse ou le deuil d’une personne aimée  
Un diagnostic de maladie incurable et mortelle 
La perte de votre revenu ou de votre patrimoine 
Licenciement ou expulsion de votre foyer 
Agression, viol ou autre traumatisme émotionnel 

A noter que les tendances aux suicides peuvent parfois augmenter lorsque la personne sort de la dépression.  

Une des raisons en est que la personne retrouve de l’énergie, redevient capable de faire des plans d’action. Ceci est très important à savoir car, au moment précis où la personne semble commencer à aller mieux, elle entre en fait dans la zone de danger. 

Gardez bien à l’esprit que ces propos ne sont que des indications générales : en général, vos intuitions restent le meilleur indicateur sur le fait qu’une personne que vous aimez est en danger. 





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