La peur de l'avenir explique-t-elle tout ?




La mondialisation qui a surprit plus d’un, a fait perdre ses repaires à nombre de citoyens. Le paradoxe est que le monde devenant un vaste village, l’homme apeuré s’est tourné vers ses racines et tend, aujourd’hui, à prioriser la vie communautaire.
 

 C’est cette peur de l’avenir, un avenir qui bouscule nos certitudes et nous oblige à nous remettre en question, c’est cette peur qui explique le succès des mouvements populistes, aussi bien que l’intégrisme ou le fondamentalisme.
 

 La mondialisation s’est voulu libératrice du cadre étroit de l’État et des pesanteurs politiques. La réponse facile des politiques, tel que Donald Trump, sous la promesse fallacieuse d’une élévation du niveau de vie, a été la restauration du protectionnisme. Si durant la protection douanière certains pans de l’économie y trouvent leur compte, à long terme, se constitue un handicap , l’industrie nationale prenant un retard certain sur le reste du monde. ‘Acheter américain’, ‘acheter français’, ‘acheter allemand’, a un prix, la destruction de la compétitivité.  
 

 Une telle politique des échanges souligne l’incompréhension de la situation en cours. L’ouverture des marchés, la libre circulation des marchandises sont l’illustration d’un phénomène plus grand et plus profond : la mise en commun des connaissances et des savoir-faire, la diffusion du progrès et des avancées dans tous les domaines, pour le bien de l’humanité. La destruction créatrice schumpétérienne,quidésigne le processus continuellement à l'œuvre dans les économies voit se produire de façon simultanée la disparition de secteurs d'activité économique conjointement à la création de nouvelles activités économiques. Elle caractérise le progrès dans la mesure où il s’exprime dans une globalisation des économies et une totale liberté des échanges économiques, scientifiques ou culturels.
 

 La mondialisation est un outil d’universalisation cognitive. La destruction créatrice se propage dans toute la planète, en un laps de temps de plus en plus court. Toute tentative d’enrayer le processus n’est que bataille d’arrière-garde.
 

Le fait de transmettre, est un progrès de la liberté. Les obstacles aux échanges, droits de douanes, réglementations restrictives, établissement de normes discriminatoires, ne peuvent avoir qu’une vie brève. La territorialisation de la planète a commencé la fin de son histoire, eu égard à la marche de l’histoire. L’État-nation va laissé la place à des nouvelles formes de territoire et de gouvernement que nous ne connaissons pas encore. La dématérialisation, la prépondérance de l’informatique et le travail à distance qui en découle, l’instantanéité de l’information, de la communication, libèrent l’homme de la contrainte territoriale par la facilité des déplacements, voir l’absence du besoin du déplacement physique. Déjà pour beaucoup d’entre nous, l’adresse mail est devenue plus importante que l’adresse géographique.
 

Ces évolutions prévisibles amènent des réactions politiques, émotives et souvent irrationnelles. Le populisme en est un, en réalité il est une réaction contre la liberté dans une recherche de protection. L’histoire fourmille d’exemples où les peuples ont préféré la servitude à la liberté. Si la servitude protège, la liberté précarise, car c’est une aventure, c’est un défi à l’humain.
 

Ecoutons ces disciples du populisme : « Protégez-nous contre les innovations constantes venues de l’étranger, protégez-nous de ces hommes qui se déplacent sur la Terre pour améliorer leur sort, protégez-nous de trop d’intelligence et de trop d’audace ! Nous préférons la sécurité dans la servitude, à la liberté dans l’incertitude.»
 

La réponse des politiques ne se fait pas attendre : «  donnez-moi votre voix et je vous donnerai des certitudes. » C’est ainsi que , meeting après meeting, défilent des Messies successifs, ces tribuns auto-proclamés, les Le Pen, Mélenchon, Salvini, Trump. C’est facile d’être des hérauts des aspirations populaires. On a en face de nous, un espace de libertés nouvelles dont certains ne veulent pas, ils ont peur de demain, et se refugient dans l’intolérance, l’intégrisme ou le fondamentalisme. Revenir au protectionnisme, restaurer des frontières, construire des murs, imposer une conception archaïque de la religion, c’est en fait se refugier dans le passé pour fuir l’avenir.

 
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