Le Maroc entre la violence verbale et la cabale




Le Maroc entre la violence verbale et la cabale

Qu’arrive-t-il au Maroc pour qu’il sombre ainsi dans tout ce déchaînement verbal, cet acharnement verbeux, haineux ? L’espace public est submergé par les attaques et autres charges au lance-flammes déversées à jet continu sur les réseaux, contre les personnes ; cela risque de dégénérer si l’on n’y prête pas attention car si aujourd’hui, nous sommes dans la violence verbale, celle-ci est le prélude à des cabales, dont personne ne sortirait indemne. Personne.

Dans les dernières semaines, il y eut le cas Mezouar. L’ancien ministre s’est laissé aller à une réflexion publique sur le Maroc, les Etats-Unis, l’UE et l’Algérie. Il a été sèchement recadré par un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Était-il besoin d’insulter, d’humilier, de traîner dans la boue un homme qui, bien que s’étant montré maladroit, fut un loyal commis de l’Etat ?

Dans les tribunes de stades de foot, le public a appris cette nouvelle technique de dénoncer ses maux en usant de mots violents contre l’establishment. Quand des dizaines de milliers de personnes hurlent leur peine, voire leur haine, à gorge déployée, on peut dire que c’est le peuple qui s’exprime, qui pleure sa déprime. Mais pourquoi employer des mots aussi forts et disproportionnés par rapport à la réalité ?

Hajar Raïssouni, elle, a été au centre d’un déluge d’invectives colériques, d’attaques numériques et d’agressions hystériques. Ses partisans s’en prenaient vertement au makhzen et ses contempteurs la déshabillaient, virtuellement. A son heureuse sortie de prison, cette dame avait sa dignité en lambeaux et son moral en petits morceaux.

Puis il y a ce trio de chanteurs, Weld Lgriya, Lgnawi et Lez3ar, trois jeunes qui ont produit un clip au vitriol contre les institutions marocaines, et tout le monde y passe… société, bourgeoisie, roi, institutions. Beaucoup de choses peuvent être dites dans ce pays, et elles seraient autrement plus crédibles si elles n’étaient pas insultantes, abusives et excessives.

Pour les deux derniers cas, plus inquiétante encore est l’adhésion des internautes à ces attaques, avec des millions de visionnages et des centaines de milliers de « likes ». L’esquif Maroc tangue sur les flots déchaînés de toute cette violence verbale, annonciatrice, ce qu’à Dieu ne plaise, de la violence tout court.

A une époque où les peuples, de mauvaise humeur, se soulèvent et où les gouvernants peinent à tenir le gouvernail, où le secrétaire général de l’ONU appelle à la vigilance, à l’écoute et au dialogue, il est important de changer de modes de dialogue entre gouvernés et gouvernants, à tous les niveaux, pour éviter les clivages et autres dérapages. Il faut communiquer et communier, et cela fonctionne dans les deux sens de la verticalité de pouvoir…

Aziz Boucetta

 

Qu’arrive-t-il au Maroc pour qu’il sombre ainsi dans tout ce déchaînement verbal, cet acharnement verbeux, haineux ? L’espace public est submergé par les attaques et autres charges au lance-flammes déversées à jet continu sur les réseaux, contre les personnes ; cela risque de dégénérer si l’on n’y prête pas attention car si aujourd’hui, nous sommes dans la violence verbale, celle-ci est le prélude à des cabales, dont personne ne sortirait indemne. Personne.

Dans les dernières semaines, il y eut le cas Mezouar. L’ancien ministre s’est laissé aller à une réflexion publique sur le Maroc, les Etats-Unis, l’UE et l’Algérie. Il a été sèchement recadré par un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Était-il besoin d’insulter, d’humilier, de traîner dans la boue un homme qui, bien que s’étant montré maladroit, fut un loyal commis de l’Etat ?

Dans les tribunes de stades de foot, le public a appris cette nouvelle technique de dénoncer ses maux en usant de mots violents contre l’establishment. Quand des dizaines de milliers de personnes hurlent leur peine, voire leur haine, à gorge déployée, on peut dire que c’est le peuple qui s’exprime, qui pleure sa déprime. Mais pourquoi employer des mots aussi forts et disproportionnés par rapport à la réalité ?

Hajar Raïssouni, elle, a été au centre d’un déluge d’invectives colériques, d’attaques numériques et d’agressions hystériques. Ses partisans s’en prenaient vertement au makhzen et ses contempteurs la déshabillaient, virtuellement. A son heureuse sortie de prison, cette dame avait sa dignité en lambeaux et son moral en petits morceaux.

Puis il y a ce trio de chanteurs, Weld Lgriya, Lgnawi et Lez3ar, trois jeunes qui ont produit un clip au vitriol contre les institutions marocaines, et tout le monde y passe… société, bourgeoisie, roi, institutions. Beaucoup de choses peuvent être dites dans ce pays, et elles seraient autrement plus crédibles si elles n’étaient pas insultantes, abusives et excessives.

Pour les deux derniers cas, plus inquiétante encore est l’adhésion des internautes à ces attaques, avec des millions de visionnages et des centaines de milliers de « likes ». L’esquif Maroc tangue sur les flots déchaînés de toute cette violence verbale, annonciatrice, ce qu’à Dieu ne plaise, de la violence tout court.

A une époque où les peuples, de mauvaise humeur, se soulèvent et où les gouvernants peinent à tenir le gouvernail, où le secrétaire général de l’ONU appelle à la vigilance, à l’écoute et au dialogue, il est important de changer de modes de dialogue entre gouvernés et gouvernants, à tous les niveaux, pour éviter les clivages et autres dérapages. Il faut communiquer et communier, et cela fonctionne dans les deux sens de la verticalité de pouvoir…

Aziz Boucetta




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