Le gouvernement règle ses affaires… en vendant les nôtres !




Le gouvernement règle ses affaires… en vendant les nôtres !

L’Etat n’a pas d’argent, alors l’Etat emprunte et s’endette. Le gouvernement, compressé, brade ses fleurons pour parer au plus pressé. C’est simple et basique, tout le monde fait ça… Le problème est que l’Etat n’est pas tout le monde. Que va faire le gouvernement avec la manne de quelques 10 milliards de DH qu’il engrangera, plus d’un milliard de dollars ? Engager la moitié, mais la moitié seulement, jure-t-il, pour couvrir ses dépenses courantes budgétaires. Bon, mais on a vu ce que cela a donné dans le passé.

Jadis, l’Etat avait vendu la Samir, seul raffineur local… Résultat : une envolée des prix des hydrocarbures à la pompe, et un procès international contre l’Etat marocain. Puis ledit Etat a vendu Marsa, une opération rondement menée pour arrondir ses fins de mois, toujours pénibles. Et ce n’est pas fini… l’Etat a entrepris de se délester de la Mamounia, un établissement pas monstrueusement lucratif, mais un patrimoine historique emblématique. Las… nos gouvernements et l’Histoire, cela n’a jamais été une folle histoire d’amour… Aujourd’hui, l’Etat veut céder 8% de ses 30% dans le capital de Maroc Telecom, cédé à 51% en 2004 à Vivendi, lequel a vendu ses parts en 2013 aux Emiratis qui, dans l’intervalle, ne sont plus vraiment des amis réglos sur lesquels on peut compter, mais des adversaires qui règlent leurs comptes.

A vue de nez, l’opération fait sens… le dividende que rapporte MT à l’Etat (480 millions DH en 2018, plus de 455 millions en 2017), reste trop faible par rapport à l’importance de l’actif dans le portefeuille de l’Etat. Il vaudrait donc mieux le céder et toucher aujourd’hui 8 à 10 milliards de DH, qu’on atteindrait en 20 ans. C’est tentant, c’est lucratif, sauf que c’est voir pas plus loin que le bout du nez... Quand on aura assaini le fisc, chassé les fraudeurs, pourchassé les tricheurs, déclassé les profiteurs (de niches) et taxé (plus) les agriculteurs, on pourra clamer la faillite, puis réclamer et même proclamer l’utilité des cessions. Ce n’est pas encore le cas.

La campagne électorale point à l’horizon… Il faudra guetter nos talentueux gouvernants actuels qui, une fois candidats, s’époumoneront à nous expliquer que les ressources de l’Etat doivent être bien gérées et s’égosilleront à nous promettre qu’ils les géreront bien. On aurait pu attendre mieux des gens du PJD et de leur proximité avec le peuple dont ils bradent aujourd’hui les richesses, et ceux du RNI, réputés excellents gestionnaires dans le privé, et chantres de la Grande Braderie dans le public. Le gouvernement a certes obtenu un aval en amont, mais il aurait mieux valu proposer autre chose de moins trivial à cet amont, quelque chose de plus intelligent et de moins facile… On notera qu’en dehors de l’Istiqlal, les cris de protestation n’ont pas été perçants. On aurait aimé aussi entendre ce que M. Ahizoune aurait dit sur la vente de l’empire qu’il a forgé…

Entretemps, on ne peut s’empêcher de revenir à ce fameux article 47, représentant à lui seul, si l’on en croit tout le monde, la démocratie. Mais avec de tels gestionnaires aujourd’hui, la démocratie devient dangereuse demain.

Aziz Boucetta




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