Le réveil de l'Arabie saoudite




Sully, ministre et ami du roi de France, Henri IV, déclarait en son temps : «  Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France ! » Ceux de l’Arabie des Saoud sont ; Pétrole et Pèlerinages à la Mecque. C’est bien, tant que le prix du baril de pétrole est aux sommets. Aujourd’hui, les variations du prix du baril sont erratiques et vraisemblablement la tendance ‘baissière’ durable, ce qui est en train de mettre un point final à l’Etat-providence.
 

Mohamed Ben Salmane (MBM), 32 ans, est le prince héritier, devenu en quelques mois, l’homme fort du pays.
 

Réformes ou révolution, ou les deux à la fois, c’est à quoi le jeune Prince s’est attaqué, non sans risques. Il est vrai que la révolution, c’est quand le peuple ‘ne veut plus’ et que l’Etat ‘ne peut plus’. Le peuple saoudien commence à ne plus vouloir et la famille régnante à voir son pouvoir s’éroder.
 

MBM a prit l’initiative d’une véritable révolution de palais, éliminant tout obstacle lors de son sacre, au moment voulu. Au delà de la consolidation du pouvoir en vue de la succession, MBM veut moderniser le pays, mettre au travail les forces vives de la Nation. Soixante dix pour cent des saoudiens ont moins de 20 ans, dont plus de 30% sont touchés par le chômage, et la relève du pétrole est loin.
 

Dès l’arrivée au pouvoir de son père, Salmane, en janvier 2015, MBS s’est attaché à rationaliser un Etat-providence trop couteux, en adoptant des mesures d’austérité inédites et à réduire la dépendance au pétrole. C’est une véritable course à la diversification économique qui secoue les structures du pays. Améliorer le statut de la femme, ouvrit d’autres horizons, comme le développement de l’industrie des loisirs et de la culture, sont autant de brèches faites au conservatisme et à la mainmise du clergé wahhabite sur la société civile.
 

Dès le début du règne de son père, la lutte contre la corruption, fléau majeur en Arabie, a constitué une de ses priorités.
 

MBS veut revenir à un Islam modéré et lutte contre les extrémistes. Il souhaite réinvestir le terrain sociétal, laissé, jusqu’à aujourd’hui, à l’autorité religieuse. Pari audacieux et à suivre avec attention, car c’est une des clés pour la modernisation du pays et au décollage économique. L’establishment religieux est déstabilisé et divisé, mais il préférera se plier et composer pour garder ses privilèges.
 

Le pays a besoin d’investissements étrangers pour accompagner la politique de diversification économique voulu par MBM. Pour cela, l’Homme fort du pays devra résoudre deux impasses dans lesquelles l’Arabie saoudite s’est malencontreusement engagée : le soutien à certains groupes terroristes et la guerre au Yémen.
 

Au Liban, l’amateurisme et l’aventurisme de la diplomatie saoudienne inquiètent plus que le pragmatisme iranien.
 

Le problème du Qatar est une autre histoire qui s’inscrit dans la lutte de leadership entre l’Arabie saoudite et l’Iran, entre le monde sunnite et celui chiite.
 

 Après la Chine et l’Inde, allons nous assister au réveil de l’Arabie saoudite, la voir quitter l’obscurantisme pour entrer de plein pied dans le monde moderne. On ne peut que souhaiter au jeune prince héritier, qu’il gagne ses paris, pour un réveil de l’Arabie saoudite dans la sérénité.


Avec l'aimable autorisation de Mr Gabriel Banon



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