Menu


Santé et Bien Etre

Les médicaments classiques de l’hypertension



J’ai testé un grand nombre de médicaments antihypertenseurs sur moi et de nombreux patients. Ils ont tous des effets secondaires, en fonction de leur « classe thérapeutique ». Ces effets dépendent des doses mais également des réactions et sensations de chacun.

On peut ne pas ou faiblement les ressentir mais il est capital de savoir qu’ils sont presque toujours présents et que le patient doit en être informé afin de mieux les comprendre et les signaler à son médecin.



Les diurétiques ont des effets différents selon leurs mécanismes : certains déséquilibrent le bilan sodium/potassium (ce qui peut être catastrophique et augmenter le risque de mortalité cardiaque), d’autres ont des effets sur le rein voire sur le rythme cardiaque.

Les bêta-bloquants (indiqués plus volontiers dans les hypertensions de stress) [7] qui sont, maintenant, de troisième génération, ralentissent la fréquence cardiaque ainsi que la circulation périphérique, d’où ces sensations d’extrémités froides et les déficiences sexuelles. Ils diminuent la résistance, augmentent la fatigue à l’effort et donc diminuent les performances sportives. Ils peuvent être à l’origine de diarrhées, de fatigues sournoises physiques ou psychiques, de bronchospasmes.
Les arrêter trop brutalement peut être mortel.

Les IEC [8] et les sartans [] ont des effets sur la fonction rénale. Ils sont souvent à l’origine de toux chroniques, de sensations vertigineuses, de maux de tête. Ils peuvent interférer avec la maladie diabétique et provoquer de graves hypotensions.

Les inhibiteurs calciques provoquent principalement des vasodilatations vasculaires périphériques avec sensations de chaleur. Ils peuvent également être à l’origine de troubles digestifs et de perturbations du rythme cardiaque.
D’autres classes de médicaments sont proposées. Les décrire toutes, ainsi que leurs effets secondaires, serait ici trop long, trop complexe et finalement réducteur. Car chacun réagit à sa façon en fonction de sa maladie, de son âge et de nombreux autres facteurs. Pour en savoir plus, je vous propose de visiter une page de la revue Prescrire qui n’a pas pour habitude de mâcher ses mots ou de minimiser les dangers de certaines molécules.

Certains médicaments, en particulier chez la personne âgée, peuvent être à l’origine d’hypotensions orthostatiques qui peuvent entrainer des malaises ou des chutes. C’est pour cette raison que le médecin prend parfois votre tension, en position allongée, puis en position debout. Il faut savoir qu’une tension trop basse est aussi délétère vis-à-vis du risque cardiovasculaire qu’une tension trop haute. Un surtraitement ou un traitement avec un médicament qui ne vous convient pas parce qu’il provoque ce type de phénomène doit immédiatement être signalé.

Il n’est pas dans mes habitudes de « diaboliser » les médicaments : les antihypertenseurs modernes sont un progrès de la deuxième moitié du siècle dernier, qui peuvent nous éviter des symptômes terribles que nos grands-parents ont connu, comme des céphalées violentes ou des accidents vasculaires.

Au début de la découverte d’une hypertension, on est logiquement conduit à utiliser les médicaments seuls ou en association afin d’obtenir des chiffres tensionnels satisfaisants. Mais si on en reste là on se prive de bien des avantages et d’un remarquable confort de vie, car :
  • Certains effets secondaires rendent vite le traitement insupportable et conduiront dans de nombreux cas soit à un traitement trop peu efficace, soit à son abandon [10] : j’en ai fait moi-même l’expérience et cela m’a conduit à un premier événement cardiovasculaire qui, heureusement.
  • Les objectifs tensionnels ne seront atteints qu’au prix de très fortes doses et d’associations médicamenteuses que les effets secondaires seront ressentis comme de véritables handicaps.
  • La diminution du risque cardiovasculaire n’est pas toujours garantie.
Il est donc essentiel de proposer d’emblée des mesures non médicamenteuses qui vont vous permettre de normaliser vos chiffres et de faire fuir plus rapidement la faucheuse. Je vous les propose maintenant, basés sur mon expérience, par ordre d’importance :

1. Stoppez tout tabagisme actif ou passif.

Devenez totalement intolérant(e) ! Il n’y a pas de petit tabagisme : un cardiaque qui fume est un cardiaque qui prend le risque de mourir rapidement quels que soient ses traitements et les autres mesures qu’il prend : même les petits fumeurs multiplient ce risque par trois [11].

2. Réduisez drastiquement votre consommation d’alcool !

On a souvent entendu dire qu’une femme pouvait consommer 1 verre de vin par jour et un homme 2. Mais on sait, aujourd’hui, qu’aucune consommation d’alcool n’est innocente en matière de risque de cancer, de maladies cardiovasculaires ou métaboliques. Sans tomber dans l’excès, je recommande de se passer totalement d’alcool plusieurs jours consécutifs en semaine et de limiter les prises en situation festive.

3. Apprenez à contrôler votre stress.

Le stress, la colère, l’excès de stress chronique tuent aussi vite et bien que tous les autres facteurs de risques. L’exercice physique contrôlé (voir ci-dessous) et choisissez une pratique régulière : yoga, méditation, cohérence cardiaque [12], Taï Chi ou Qi Gong [13].

4. Adoptez « l’alimentation que je recommande ».

C’est une alimentation qui tend à réduire certains paramètres inflammatoires, partie prenant dans un éventuel accident cardiovasculaire. C’est aussi une alimentation antioxydante. La maîtrise du stress oxydant par l’alimentation et si besoin, la supplémentation en fonction d’un bilan spécifique [14] est un facteur essentiel de prévention et d’accompagnement du traitement : n’hésitez pas à avoir une assiette colorée et à consommer un maximum de fruits rouges et ne vous caramélisez pas !

5. Réduisez votre consommation de sel ! 

Si vous avez adopté une alimentation anti-inflammatoire, de type méditerranéen, vous ne ferez pas d’excès de plats préparés et industriels (toujours trop gras et trop salés), vous consommerez beaucoup d’huile d’olive, d’ail, d’échalotes… qui tendent à faire chuter la tension. Mais évitez de resaler les plats et surtout goûtez-les avant de vous saisir de la salière. L’usage régulier d’herbes et d’épices redonnera plus de goût à vos plats moins salés.

6. Augmentez votre consommation de potassium !

Pour mieux en comprendre l’intérêt je vous renvoie à ce bon article de Thierry Souccar : sodium et potassium, leur rôle dans l’hypertension [15]. Non seulement vous contribuerez à maîtriser votre tension mais vous ajouterez un facteur important de prévention du risque cardiovasculaire. Les haricots blancs (et plus généralement les légumineuses), les lentilles, les pommes de terre avec leur peau cuites au four, les purées de tomate, les dattes, les avocats, les champignons, les épinards (comme la plupart des légumes à feuilles vertes), les fruits (en limitant la consommation de fruits trop sucrés) et les bananes sont considérés comme les aliments apportant le plus de potassium.

7. Maîtrisez votre poids, et mieux encore, votre graisse abdominale.

Cette dernière est un facteur important de risque d’accident vasculaire. C’est pour cette raison que la surveillance de votre tour de taille (avec un simple mètre de couturière) est encore plus importante que le contrôle de votre poids. En complément de celui-ci et du calcul de l’IMC [16], c’est le tour de taille qui reste le plus prédictif d’un accident cardiovasculaire : il doit se situer entre 80 et 88 centimètres chez une femme et 94 à 102 centimètres chez un homme. Ne confondez pas non plus les bourrelets superficiels, que l’on peut pincer avec les doigts, avec la graisse toxique intra-abdominale qui donne un ventre dur et empêche de palper les organes. Le RTH ou rapport taille/hanche est considéré comme un des meilleurs indicateurs de risque. [17] Il existe des calculateurs [18] qui permettent de le préciser. Attention certaines données tirées de ces calculs peuvent vous sembler hors de portée : ne créez pas un stress supplémentaire. Visez à maîtriser le mieux possible l’ensemble des risques sans vous rendre la vie impossible en vous attachant trop à l’un d’entre eux.

 
Les médicaments classiques de l’hypertension

8. Fuyez la sédentarité !

On a tout écrit dans ce domaine que j’ai moi-même abordé dans une lettre [19]. Je vais cependant vous proposer un éclairage complémentaire :

- Il est capital de marcher (si possible d’une marche rapide, ininterrompue, mais qui n’essouffle pas trop), chaque jour au moins trente minutes.

- Si on vous a découvert récemment une hypertension, ne faites pas d’exercices violents ou avec de trop vives variations d’intensité comme ceux que j’ai préconisés pour d’autres situations [20]. Les cardiologues seront unanimes et vous-mêmes vous en mesurerez rapidement les bénéfices : le vélo d’appartement est le meilleur outil !

Faites régulièrement une séance de 40 à 50 minutes avec une période d’échauffement de 5 à 10 minutes pour atteindre progressivement 70% de votre fréquence cardiaque [21] maxima [22], que vous ne dépasserez sous aucun prétexte, surtout si vous prenez des bêta-bloquants qui la ralentissent. J’insiste sur la nécessaire régularité, mais ne vous stressez pas si vous devez interrompre l’exercice pendant quelques jours de vacances !

Je rappelle, une fois de plus, que toute reprise d’exercice après la quarantaine ou en cas de risques cardiovasculaires doit être soumise à l’autorisation du cardiologue.

9. Ne réduisez ni la quantité ni la qualité de votre sommeil.

De nombreuses études [23] insistent sur le lien entre mauvaise qualité de sommeil, risque cardiovasculaire et diabète. Certes nous avons nos habitudes : certains dorment près de 9 heures et d’autres moins de 7 heures. D’après l’étude référencée, il semble que les petits dormeurs accumulent plus de calcium dans leurs artères et augmentent ainsi leur risque de thrombose. Essayez d’augmenter la qualité de votre sommeil. Il existe de nombreux moyens. 

10. Soyez attentif à votre hydratation !

Plus on vieillit plus on a tendance à mal s’hydrater et surtout à ne pas en sentir le besoin. Je ne parle pas de ceux qui abusent de café ou de sodas caféinés qui sont fortement déshydratants. Or « l’hémoconcentration », conséquence d’une déshydratation peut augmenter le risque de thrombose. Il est difficile de proposer des quantités car tout dépend des aliments liquides, par exemple les soupes, que vous consommez. Avant tout, respectez votre soif et pensez que l’hydratation passe aussi par la peau, donc, couvrez-vous et n’hésitez pas en cas de forte chaleur à vous humidifier la tête et le corps.

Voici mes principaux conseils. Mettez en place ces mesures sans en oublier une seule, si besoin avec l’aide de votre médecin et/ou d’un kinésithérapeute ou d’un coach formé dans ce domaine.

Ne soyez pas trop pressé(e)s, j’ai mis des années à trouver les bonnes mesures pour moi-même et mes patients.


Docteur Dominique Rueff de SNI

La Lettre du Docteur Rueff est un service d'information gratuit de Santé Nature Innovation (SNI Editions).
Pour toute question, rendez-vous ici.

SNI Éditions, CS 70074, 59963 Croix Cedex, FRANCE 




Notez

Lu 61 fois

Suivez-nous sur Twitter.
Rejoignez-nous sur Facebook.
Inscrivez-vous à la newsletter.
Rejoignez-nous sur instagram.
  •  


Avertissement du portail Le212.info

Les informations de ce portail sont publiées à titre purement informatif et ne peuvent être considérées comme des conseils médicaux personnalisés.

Aucun traitement ne devrait être entrepris en se basant uniquement sur le contenu des différents articles de ce portail qui se veut indicatif et informationnel, et il est fortement recommandé au lecteur de consulter des professionnels de santé dûment homologués auprès des autorités sanitaires pour toute question relative à leur santé et leur bien-être.

L'éditeur n'est pas un fournisseur de soins médicaux homologués.

L'éditeur de ce portail ne pratique à aucun titre la médecine lui-même, ni aucune autre profession thérapeutique, et s'interdit formellement d'entrer dans une relation de praticien de santé vis-à-vis de malades avec ses lecteurs.
Aucune des informations ou de produits mentionnés sur ce site ne sont destinés à diagnostiquer, traiter, atténuer ou guérir une maladie. 

Vous êtes ainsi invités à lire sans modération mais avec responsabilité et discernement.

Le212.info


Inscription à la newsletter

Recherche