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Santé et Bien Etre

Ramadan et alimentation



Comment luter contre les effets physiologiques du jeûne durant le ramadan



A PROPOS DES PRETENDUS EFFETS BENEFIQUES DU JEUNE

Pour juger des effets du ramadan, on se raccroche dans les pays musulmans aux prétendus effets bénéfiques du jeûne thérapeutique, qui pullulent sur internet, colportés par les marchands des cures amaigrissantes, des cures dites détox, et par les naturopathes. Comme si l’on avait besoin de justifier la dimension spirituelle du ramadan par quelques bienfaits du jeûne.

Les « naturopathes » attribuent des vertus extravagantes au jeûne à condition qu’il ne dépasse pas 16H/jour, et 2 semaines, à savoir : une capacité d’auto-guérison des articulations chez les patients porteurs d’arthrose, un effet adjuvent des traitements anti-cancéreux, un amaigrissement rapide, et la capacité de débarrasser l’organisme de ses toxines.

En réalité aucune étude scientifique rigoureuse n’a jamais pu démontrer un quelconque bénéfice thérapeutique ou préventif du jeûne, au contraire. Surtout que le ramadan propose un jeûne sec (on ne mange, ni ne boit) durant 4 semaines.

Chez les cancéreux, la chimiothérapie provoque invariablement des effets secondaires, notamment des nausées et vomissements, que le fait de manger moins atténue naturellement. De là à attribuer un effet adjuvent des anti-cancéreux au jeûne, il y a un grand pas, que les naturopathes n’ont pas hésité à franchir, alors que l’importance de la nutrition et des apports protidiques dans la guérison des cancers n’est plus à démontrer.

L’amaigrissement rapide des cinq premiers jours  (1 à 2 Kg/jour) est surtout dû à une perte de la teneur en eau et en sodium de l’organisme, c’est-à-dire une déshydratation, ensuite à une fonte de la masse musculaire, et non des graisses. Cette déshydratation explique en partie le risque de décompensation rapide des diabétiques, insuffisants cardiaques, rénaux, hépatiques …  et au minimum les maux de tête, les malaises et étourdissements surtout chez les personnes atteintes d’insuffisance cérébro-vasculaires parce qu’elles ont des artères carotides et/ou vertébrales encrassées par les dépôts d’athérosclérose.

Quant à l’idée que notre organisme serait encrassé par des toxines que le jeûne détoxifierait, il s’agit d’une fausse croyance. La clearance de certaines toxines consommées éventuellement (pesticides … ) est liée à l’arrêt de leur consommation, et non à l’arrêt de l’alimentation.

L’organisme se mange littéralement (autophagie) sous l’effet de la privation de nourriture qui se prolonge : en un ou deux jours il épuise ses réserves en glucose (sucre) circulant et stocké dans le foie. Pendant 5 jours  le corps va puiser dans ses réserves en protides pour fabriquer de l’énergie (du glucose). Mais sa teneur en protéines étant un facteur important de sa viabilité, il passe  aux réserves de graisses – les acides gras – pour fabriquer des corps cétoniques, substituts au glucose. C’est pourquoi on parle de régimes cétogènes, et ce passage aux corps cétoniques explique la mauvaise haleine des personnes qui jeûnent.


COMMENT MINIMISER LES MEFAITS DU JEUNE DURANT LE RAMADAN ?


Le ramadan est incompatible avec certaines états physiologiques : les femmes enceintes ou allaitantes avec risques pour le bébé, les enfants et adolescents avec risque de ralentissement de la croissance et de la puberté, le grand âge (>75 ans) avec risque de troubles du rythme cardiaque.
Le ramadan est incompatible avec certaines maladies : l’anorexie mentale avec risque d’aggravation, le diabète avec risque d’hypoglycémie et de coma (céto-acidose), l’hyperthyroïdie mal contrôlée, l’épilepsie, la sclérose en plaque, l’insuffisance cérébro-vasculaire avec risque d’accident vasculaire cérébral, l’insuffisance hépatique (cirrhose), ou rénale (malades sous dialyse), les coronaropathies ischémiques avec risque d’infarctus.

Le ramadan peut entraîner des effets indésirables lors de prises de certains médicaments : corticoïdes, anti-inflammatoires non stéroïdiens, antidiabétiques, psychotropes, anti-épileptiques, anti-coagulants.


En dehors de ces réserves : S’EMPIFFRER, OUI, MAIS COMMENT ? :

En l’absence de précautions alimentaires, le bouleversement métabolique qui se produit en un mois de jeûne aboutie à des carences en minéraux et vitamines, à la dégradation des os, et la mise à l’épreuve des fonctions hépatiques. Il faut cesser de donner mauvaise conscience à ceux qui s’empiffrent après la rupture du jeûne. Ils ont besoin de 2000 Kilocalories/jour. Le problème est surtout : que manger pour ce caller l’estomac et ne pas trop puiser dans ses réserves vitales, et que boire pour ne pas se déshydrater.

On se doute qu’il faut du liquide (soupes, jus de fruits et légumes), des protides (viandes rouges, poulet, poisson, oeufs), mais aussi des féculents, et des graisses qui vont mettre plus de temps à être digérés, et éviter la fabrication rapide de corps cétoniques.

Pour rompre le jeûne, il est déconseillé de se jeter sur le thé ou le café, qui sont diurétiques. Il faut d’abord se réhydrater : pour cela il n’y a pas mieux que l’eau et des jus de fruits et légumes.
Pour nourrir et désaltérer à la fois, la célèbre harira marocaine, un aliment riche et complet (viande, pois chiches, lentilles, riz ou vermicelles, céleri, persil, coriandre …)  est en train d’évoluer dans le bon sens. Autrefois on l’épaississait à l’aide de farine en fin de cuisson, ce qui la rendait plutôt lourde et indigeste.

De nos jours on l’épaissie plus légèrement à l’aide de légumes cuits entiers au début (2 carottes, 1 pomme de terre, une poignée de légumes verts … pour 2 litres de soupe) passés à la moulinette ou au robot, et remis en fin de cuisson pour « tourner » la soupe. De plus l’utilisation de plus en plus répandu d’ustensiles de cuisson qui adoucissent et raccourcissent le temps de cuisson, permettant de préserver les vitamines, et oligo-éléments en font l’aliment de choix pour le dîner.
Mais que penser des gâteaux au miel et dattes ou figues sèches qui accompagnent cette soupe ? Ces sucres rapides provoquent un à-coup de sécrétion d’insuline, et donc la fringale. Se limiter à un petit gâteau, ou 2 à 3 dattes.

Les apports protidiques du matin (shour) sont importants, et au mieux apportés par des œufs à la coque ou des œufs durs, qu’il faut préférer au khlii aux œufs, et en tous les cas aux crêpes sucrées. On peut ne pas déroger au traditionnel sellou, et lait caillé, censés lutter contre la sensation de faim durant la journée.

Donc rien de nouveau par rapport aux menus ramadanesques de nos ancêtres, si ce n’est leurs enrichissements en fruits et légumes. Le jeûne du ramadan reste une épreuve pour le corps, alors pourquoi se priver de l’excitation spirituelle et alimentaire qui l’accompagne ?
 
 
 
 
Blog de Prof Aziza Benkirane 




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