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Santé et Bien Etre

Règles et troubles du cycle menstruel : quelques notions de physiologie ovarienne pour les nuls





Le cycle menstruel correspond à l’ensemble des phénomènes physiologiques, le plus souvent silencieux, qui préparent le corps de la femme à accueillir une grossesse. Il se déroule de la puberté (les centres nerveux régulateurs du cerveau deviennent fonctionnels) jusqu’à la ménopause qui correspond à la disparition des follicules ovariens (zone de l’ovaire contenant les gamètes féminines). Les règles sont presque la seule manifestation et correspondent plutôt à la fin d’un cycle sans survenue de  grossesse, même si le 1er jour des règles (rouges) correspond au 1er jour du cycle.

A ce moment, le cerveau libère une hormone, la  FSH, qui stimule une dizaine de follicules ovariens, dont un seul va devenir mature. Ce follicule dominant fabrique en 1ere partie (phase folliculaire) des estrogènes qui font grandir l’endomètre (tissu qui tapisse la cavité utérine). Un taux élevé d’estrogène provoque un pic de LH, l’hormone qui entraine l’ovulation  (= expulsion de l’ovule). Le reste du follicule se transforme en corps jaune qui secrète, en plus des estrogènes, de la progestérone (hormone de la 2eme phase ou phase lutéale) qui est fondamentale pour développer l’endomètre et le rendre apte à recevoir un œuf fécondé.

En l’absence de grossesse, le corps jaune meurt au bout de 14 jours et le taux d’estrogènes et de progestérone chute, ce qui réveille de nouveau FSH et un nouveau cycle commence. En cas de grossesse, la sécrétion de l’hormone HCG permet de maintenir vivant le corps jaune et donc la sécrétion des deux hormones avec le retard de règles et puis l’aménorrhée (absence de règles). Les règles sont la survenue de sang rouge, conséquence de la chute d'un endomètre préparé par estrogènes et progestérone  et qui meurt (desquamation) suite à la disparition du corps jaune et de ses hormones. Cette destruction s’accompagne de phénomènes inflammatoires douloureux.

La variation du taux d’estrogène au moment de l'ovulation peut également donner quelques saignements vers la moitié du  cycle que l’on appelle règles de quinzaine et qui sont tout à fait normales et ne doivent pas être considérées comme des cycles courts. La longueur du cycle est habituellement de 25 à 34 j, en moyenne 28 mais il n’est pas anormal que les règles ne viennent pas toujours à la même date. L’essentiel est qu’elles viennent chaque mois. La survenue de pertes ou de sang noir correspond en fait à la chute d’un endomètre mal développé par un manque  en progestérone, liée à un corps jaune inadéquat (insuffisance lutéale).

Ces pertes noires  surviennent aussi souvent quelques jours avant ce que l’on doit considérer comme le début des règles, soit l’écoulement de sang rouge. L’absence de règle doit d’abord évoquer une grossesse, sinon un stress important qui peut bloquer la régulation cérébrale de FSH et LH, ou encore une sécrétion d’estrogènes (kyste ovarien tumeur surrénalienne, prise de médicaments). En périmenopause, on assiste d’abord à une accélération des cycles, plus courts, plus rapprochés, du fait d’une FSH plus élevée pour stimuler des ovaires qui commencent à fatiguer, puis à un allongement des cycles car les ovaires se sont progressivement vidés de leurs follicules.

Les règles disparaissent, la FSH ET la LH sont élevés pour essayer de stimuler des ovaires qui ne répondent plus. Ill faut retenir le diagnostic de ménopause après 1 an sans règles ou bien après trois test aux progestatifs négatifs (pas de saignement après prise de progestatifs, ce qui montre que l’endomètre n’a pas été développé par les œstrogènes). Il existe également un syndrome particulier touchant les jeunes femmes, les ovaires polykystiques où l’ovulation se fait mal ou carrément absente pour diverses raisons, et qui donc entraine des cycles longs. Il y  a un excès d’estrogènes qui sont transformés en androgènes à l’origine de peau grasse, d’acné ou d’hyperpilosité. L’excès de poids peut jouer un rôle important dans son déclenchement, et l’amaigrissement permet souvent de reprendre un cycle régulier, notamment chez les OPK en surpoids ou obèses.

Enfin divers troubles (excès de prolactine ou hormone de l’allaitement, troubles de la thyroïde, insuffisance rénale, dépression, troubles psychiques) peuvent influer sur le cerveau et bloquer le cycle menstruel. Une prise inadéquate de la pilule peut aussi entrainer des troubles du cycle.


Même si cet article essaie de simplifier le cycle menstruel, ses troubles peuvent être complexes à comprendre et il vaut mieux se référer à l’avis de son médecin a la recherche de la cause. Mais il ne faut pas s’alarmer à chaque irrégularité du cycle, surtout si mineure.

Dr Hicham BEN ABBES TAARJI




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