Une chaire Abdallah Laroui : L’importance de la traduction dans le partage des cultures


L’université marocaine a sa première chaire qui honore l’un de ses chercheurs.

La Faculté des lettres et des sciences humaines de Rabat a lancé, en effet, mercredi, la chaire Abdallah Laroui, qui se veut une plateforme scientifique pour l’organisation de forums académiques mobilisant l’ensemble des acteurs intéressés par les domaines philosophiques et les questions de civilisation.



Lancement de la chaire Abdallah Laroui

« Le docteur Abdallah Laroui n’est pas seulement un enseignant universitaire, un chercheur ou un théoricien dans le domaine de la pensée philosophique, mais il est également un historien et un écrivain, et avant tout un penseur », a déclaré le doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines de Rabat, Jamal Eddine El Hani, ajoutant qu’il a marqué l’Histoire contemporaine du Maroc avec son projet scientifique moderne, à travers ses productions académiques diverses et variées. «Nous aspirons à une vraie floraison de la pensée de l’historien marocain Abdellah Laroui».

Le lancement de la chaire Abdallah Laroui n’est pas seulement une occasion de reconnaître le droit des intellectuels vis-à vis de leur patrie, mais également une incarnation d’une culture de loyauté et de valeurs de reconnaissance envers ceux qui ont servi les enjeux du développement et de la modernité et qui ont contribué à réunir les conditions de la renaissance culturelle et civilisationnelle du Maroc, affirmera le doyen Jamal Eddine El Hani. Initiée en collaboration avec l’Institut du Monde Arabe à Paris, cette chaire se veut un espace d’expression qui illustre l’expansion de l’école Laroui et part de l’importance de la pérennisation des grands projets de pensée, en en faisant des thèmes de recherche impliquant les multiples acteurs concernés. Le lancement de la chaire Abdallah Laroui a été marqué par une conférence donnée par le penseur Abdallah Laroui, en présence d’une pléiade d’universitaires, de chercheurs, d’étudiants et d’intellectuels.

Dans son cours inaugural, Abdellah Laroui dira : « Certains pourraient dire que les deux institutions à l’initiative de cette chaire sont censées être objectives alors qu’elles sont actuellement en train de rendre hommage à un homme connu pour ses idées pour le moins controversées, des idées qui ont longtemps fait le sujet de discorde. Ont-elles vraiment le droit de prendre cette initiative? ».

L’historien et penseur est revenu sur les théories qu’il défendait et les faits historiques qui méritent, selon lui, d’être mis en avant pour qu’ils soient des thèmes à même de relancer le débat autour de plusieurs sujets dans le cadre de la chaire. Abdellah Laroui a mis l’accent sur ce qu’il appelle « l’analphabétisme numérique », plus dangereux pour la société que « l’analphabétisme littéral », « le premier type d’analphabétisme éradique le deuxième ? ou alors l’éradication du deuxième est la condition de la suppression du premier? », s’interroge-t-il. Pour marquer le rôle central qu’occupe la traduction dans le partage et la diffusion du savoir, Abdallah Laroui fait ce vœu :
« J’aimerais que la chaire ait un intitulé qui est la chaire de traduction et d’interprétation ». 





        

Notez

Lu 80 fois




Dans le même sujet sur le Web 


loading...


Inscription à la newsletter

Recherche