Une plateforme digitale marocaine dédiée aux influenceurs


Véritables poules aux oeufs d’or, les influenceurs sont plus que jamais au coeur des stratégies des entreprises et des marques. Celles-ci privilégient en effet ces Mr et Mme Tout Le Monde, forts de dizaines et centaines de milliers d’abonnées, comme canaux de publicité ciblée. Une opportunité qu’ont bien saisie trois jeunes Marocains pour lancer une agence de mise en relation entre marques et personnalités des réseaux sociaux et structurer ainsi ce nouveau métier qui gagne progressivement du gallon au Maroc.



TATIR (qui signifie influence en arabe, ndlr) est fraîchement née d’une collaboration entre Nawfel Benchakroun, Itri Boutaleb et Nil Amara, tous trois âgés de 27 ans, enfants du web et solidement ancrés dans le monde du digital.

Forts de leurs expériences professionnelles à Paris et Londres dans le business, l’e-commerce et l’informatique, ils ont esquissé le projet suite à une longue discussion sur les enjeux que peut présenter le marketing d’influence au royaume. 



 
“Nous voulions nous pencher sur ce nouveau métier d’influenceur qui commence à se démocratiser au Maroc avec une prolifération de comptes Instagram de jeunes femmes surtout, qui font de la publicité sous un nouveau format, pour des marques”, explique Nawfel Benchakroun au HuffPost Maroc. 

 

Une plateforme digitale marocaine dédiée aux influenceurs



Les réseaux sociaux, l’eldorado des marques 


“On ne peut plus ouvrir un réseau social sans tomber sur un post faisant l’éloge d’un produit, d’un lieu ou d’un concept. Les blogueurs, youtubeurs, instagrameurs, sont omniprésents et font partie de la vie de tous les jours” poursuit-il. 
 
Payés essentiellement en avantages et en cadeaux, certains ont commencé à monnayer leur travail qui consiste à mettre en avant un produit ou une marque dans une publication ciblant leur communauté d’abonnés. Une activité qui, une fois maîtrisée, peut rapidement devenir très lucrative. Et les entreprises l’ont compris. 
“Le créneau était à saisir ici, nous avons décidé de créer une plateforme qui mettrait directement en relation des profils ciblés avec des marques, sans passer par des agences de communication qui gèrent essentiellement des gros comptes”, précise Nawfel.
 
TATIR entend donc laisser la liberté aux influenceurs et aux marques de se choisir entre eux, en ligne et sans intermédiaires. “On laisse l’opportunité à des profils débutants de monnayer leur image, et on se propose de mettre en avant leur potentiel”, explique Itri Boutaleb, spécialisée en image des marques. En somme, une sorte de site de rencontres où l’on sélectionne avec qui on veut avoir à faire.

Si l’agence ne privilégie pas un type de réseau social en particulier, Instagram reste le plus plébiscité par les entreprises avec un taux d’engagement nettement supérieur aux autres applications, faisant de lui un levier de communication très efficace. “On ne va pas cibler les gros comptes, on préfère les micro-influenceurs qui ont une plus petite communauté en dessous de 50.000 abonnés mais généralement plus authentique, fidèle et réactive.

C’est un atout pour les marques: on propose des personnes à qui les internautes peuvent facilement s’identifier” ajoute Itri, qui précise toutefois que d’importants profils leur ont fait confiance et ont rejoint l’agence, à l’instar du chanteur marocain Othmane Mouline  et l’instagrammeuse lifestyle Aida Benchemsi. 

Une plateforme digitale marocaine dédiée aux influenceurs

Réglementer ce business florissant

 

L’agence mise sur des interactions virtuelles et un processus entièrement digital, laissant ainsi à chacun le contrôle de son image et de son profil. Le principe de TATIR est relativement simple. En quelques clics, on s’inscrit gratuitement et sans engagement, et on se crée un profil qui deviendra une sorte de CV une fois les informations nécessaires renseignées.

“Nous apporterons ensuite expertise et conseils en image ou créatifs pour améliorer la visibilité des profils, pour les rendre plus attrayants”, détaille Nawfel. 

Quant aux marques, elles doivent, sur le site, définir les besoins de leur campagne et le budget alloué, conditions sine qua non pour entreprendre un partenariat. Les facturations de ce genre de prestations, souvent opaques, ont poussé le trio à encadrer la procédure de rémunération. “Il n’y a pas trop de visibilité de marché au Maroc, c’est assez dur d’estimer à combien peut se monnayer un partenariat.

Chez TATIR, l’influenceur saura d’entrée de jeu combien il touchera pour le contenu qu’il publiera. Le pricing est fixé pour toutes les catégories répertoriées selon le nombre d’abonnés, le réseaux social utilisé. On est pour la transparence. Nous avons mis en place une fourchette de prix. L’agence prendra une commission en fin de campagne”, précisent les fondateurs, qui poussent la démarche plus loin et proposent d’aider à créer des statuts d’auto-entrepreneurs afin d’exercer dans la légalité. 
 

Actuellement, les influenceurs ne bénéficient pas d’un statut légal et restent des personnes physiques qui vendent leur image, selon le trio.

“Partant de ce principe, on leur propose à minima de créer un statut d’auto-entrepreneur. C’est en ça qu’on existe aussi: pour les accompagner dans les démarches et pouvoir leur ouvrir, conjointement, un compte bancaire pour encaisser leurs cachets dès 48 heures.

On essaye d’apporter un cadre légalisé et nous sommes actuellement en pourparler avec une banque pour un partenariat afin de faciliter l’ouverture de ces comptes”, annonce Nawfel.


Après chaque partenariat, l’équipe fournira aux clients un reporting détaillé des vues et des audiences. Gare toutefois aux tricheurs qui gonflent leur nombre d’abonnés en achetant de faux profils. L’agence dispose d’indicateurs chiffrés qui permettent de les débusquer et surveiller le ratio des likes et le trafic généré par une page.
 

Pour l’heure, TATIR compte à son actif une centaine d’inscriptions avec des profils très diversifiés, allant de la maman blogueuse au food addict, en passant par des artistes, des mordues de mode et même un footballeur de première division.
 

Débutant sereinement son aventure au Maroc, TATIR espère étendre son influence au delà des frontières du royaume et séduire des profils un peu partout dans la région MENA, où le marketing social gagne également en ampleur. Si la peur de vous lancer dans ce business vous freine, vous pouvez toujours tenter de créer le déclic en suivant les conseils inspirants du trio. Sur leur page instagram,  bien sûr. 






        

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